Des idées moins bêtes qu’on pourrait penser pour aider la planète

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L’Ecopod, un cercueil au design élégant, est fait de papier recyclé

Tous les visionnaires ont été considérés comme fous par leurs contemporains. Pensez à Copernic et à Galilée qui furent vivement critiqués pour avoir affirmé que la Terre n’était pas au centre de l’univers, ou à Vincent Van Gogh, trop en avance sur son temps pour qu’on comprenne son art. Le monde du développement durable ne fait pas exception. Les progrès effectués en matière de protection de l’environnement sont étonnants considérant qu’il y a à peine vingt ans, le recyclage était une pratique marginale. Nous avons besoin de visionnaires farfelus pour faire avancer les choses.
L’étude très sérieuse d’un chercheur australien parue l’année passée avait bien fait rigoler la planète. En effet, Ross Garnaut affirmait que de manger de la viande de kangourou était moins nocif que de manger de la viande de bœuf : l’estomac des kangourous contient une enzyme qui leur est propre, ce qui fait qu’ils émettent beaucoup moins de gaz nocifs que les bœufs[1]. Pourtant, encore aujourd’hui, plusieurs écologistes sont concernés par le problème des émissions de gaz à effet de serre du bétail : les flatulences de nos élevages émettent à elles seules plus de GES que tous les transports réunis[2]. Pas si fou que ça, Ross Garnaut!
Je suis donc partie à la recherche d’inventions farfelues qui pourraient bien changer notre monde. Certaines sont rigolotes et d’autres sont franchement ingénieuses. Voici un horizon de ce qui pourrait bien faire partie de notre quotidien d’ici quelques années.
Des navets musicaux pour repaver les routes
Je suis tombée là-dessus par hasard : il y a deux ans, EMI a envoyé plus d’un million de copies invendues du CD Rudebox de Robbie Williams en Chine pour repaver des routes[3]. Quelle belle initiative! À quand la réparation des nids de poule de Montréal à l’aide nos vieux albums irrécupérables?
Des ponts faits de gobelets de polystyrène
Au New Jersey, un pont long de 56 pieds, si solide que des voitures y roulent, a été construit entièrement de plastique recyclé[4]. On estime qu’il contient 100 000 tasses à café en polystyrène et 80 000 bouteilles d’eau en plastique. Il a remplacé un pont de bois qui était devenu désuet. En plus d’être écologique, un pont de plastique est économique : 75 000$ pour le pont en plastique du New Jersey versus 350 000$ pour son équivalent en bois.
Une mort « eco-friendly »
Vous pouvez maintenant planifier votre enterrement vert grâce à l’Ecopod. La compagnie britannique ARKA Ecopod fabrique des cercueils et des urnes biodégradables en papier journal recyclé. Leurs designs sont très élégants. À considérer sérieusement[5].
Un bateau qui carbure au gras humain
L’éco-bateau Earthrace, conçu pour conscientiser les gens aux problèmes océaniques et à la cause des biocarburants, fonctionne entièrement au biodiesel et a une empreinte écologique neutre[6]. Son capitaine, le skipper Pete Bethune, a même fait rouler les moteurs de l’Earthrace grâce à son propre gras, issu d’une liposuccion. Comme quoi les carburants renouvelables sont plus facilement accessibles qu’on pourrait croire.
Des routes blanches
Je lisais récemment sur le blogue du magazine GOOD, la proposition d’un astronome reconnu de rendre nos routes blanches afin qu’elles absorbent moins de chaleur[7]. En effet, si les routes étaient blanches, la lumière qu’elles réfléchissent doublerait, réduisant par trois le réchauffement atmosphérique qu’elles produisent.
Zéro emballage
Le magasin écologique Unpackaged de Londres commercialise un concept si simple qu’on se demande pourquoi il n’est pas plus répandu. Tous les produits trouvés en tablette sont vendus au vrac, et les consommateurs doivent apporter leurs propres contenants[8]. Il fallait y penser!
Des tomates sur le toit
Cityscape, un concept californien, propose de ramener l’agriculture plus près de notre assiette[9]. Si près en fait, qu’elle pourrait être sur notre toit. La compagnie élabore des projets de culture en serres hydroponiques situées sur des toits où sur des lots vacants au beau milieu de la ville. C’est un retour moderne à une agriculture de petite échelle.
Des documents confidentiels détruits pour de bon
Pour terminer, voici un concept rigolo, mais ayant besoin de révision : une déchiqueteuse à papier qui transforme vos documents confidentiels en papier de toilette[10]. Le seul hic : elle coûte 100 000$. Mais on n’en est qu’au stade de prototype…
Ma prédiction : quelques unes de ces inventions pas si farfelues feront partie de notre vie dans un avenir rapproché… et c’est tant mieux! Avez-vous eu vent de nouvelles inventions écologiques et ingénieuses? Partagez-les avec nous.
[1] http://www.cyberpresse.ca/environnement/200901/05/01-814778-manger-du-chameau-et-du-kangourou-pour-sauver-la-planete.php
[2] http://www.developpementdurable.com/mots-clefs/betail/
[3] http://www.contactmusic.com/news.nsf/story/rudebox-to-pave-chinese-roads_1056430
[4] http://findarticles.com/p/articles/mi_qa3797/is_200403/ai_n9371019/
[5] http://www.ecopod.co.uk/
[7] http://www.good.is/post/fighting-global-warming-with-pavement/
[8] http://beunpackaged.com/about/
[9] http://www.cityscapefarms.com/
Ariane Cambron
Tags: bétail, biodiesel, chine, cityscape, développement durable, earthrace, écologique, ecopod, GES, good magazine, kangourous, robbie williams, ross garnaut, unpackaged, visionnaire
Bonjour,
Je suis journaliste pour Radiofrance et aurais aimé m’entretenir par téléphone avec l’auteur de cette article. Nous serions en effet intéressé par une petite interview. Est-il possible de vous joindre dans l’après-midi ? Merci