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L’ABC du compost pour les débutants

Mercredi, mars 31st, 2010

Vous êtes emballés par le projet de la Ville de Montréal de récupérer les déchets organiques pour en faire du compost mais vous ne voulez pas attendre à 2012 pour vous y mettre? Aucun problème! Il est possible de faire son propre compost. Et si vous avez l’avantage d’avoir une cour et de jardiner un peu, vous n’aurez probablement pas besoin du service de la Ville pour vous en débarrasser. Le compost vous fournira une terre riche et fertile, parfaite pour le potager.

Le fait de composter pourrait réduire votre production de déchets du tiers, évitant ainsi l’enfouissement de déchets organiques qui émettront des GES en se décomposant. Le site de la ville de Montréal affirme même que les matières organiques composées de résidus alimentaires, de fibres souillées et de résidus verts représentaient environ la moitié du sac à ordures des Montréalais en 2008[1].

Selon compostmontreal.com, malgré les programmes de recyclage et de compostage des gouvernements, qui réussissent à sauver 29% des déchets solides de l’enfouissement, 71% sont toujours jetés au dépotoir ou encore brûlés[2]. Ces deux dernières options émettent certains des principaux gaz à effet de serre qui sont responsables des changements climatiques. Alors, qu’attendons-nous pour composter?

Mais d’abord, c’est quoi, exactement, du compost?

Le compostage est un procédé naturel qui transforme la matière organique en un produit ressemblant à de la terre appelé humus ou compost. La matière organique est décomposée par des micro-organismes tels que les bactéries et les champignons qui la transforment en éléments simples dont s’alimentent les végétaux. Ces micro-organismes ont besoin d’eau et d’air et non seulement de matières organiques.[3]

Mon premier compost – une méthode

-Procurez-vous un bac à compost à la quincaillerie, de la taille nécessaire, selon vos besoins (une bonne dimension : un mètre carré). Vous pouvez aussi en fabriquer un en bois, si vous êtes manuel. Le bac idéal est sans fond, posé directement sur le sol, pour permettre aux micro-organismes présents dans le sol d’y avoir accès.

-Le bac doit être partiellement à l’ombre, et idéalement, situé près de gros arbres.

-Le succès du compost est de conserver un équilibre entre les matières humides et les matières sèches. Il faut les placer en alternance dans le tas.

Matériaux humides, riches en azote « les verts »:

  • résidus de plantes, mauvaises herbes, fleurs coupées et feuilles vertes
  • déchets de nourriture, restes de fruits et de légumes
  • sachets de thé, marc de café et coquilles d’œufs
  • gazon coupé et cendre de bois (en petite quantité)
  • fumier (d’herbivores seulement)

Matières sèches, riches en carbone « les bruns »:

  • feuilles mortes, foin sec, paille et herbe coupée, brindilles, plantes mortes sèches
  • papier mouchoir, papier journal et sciure de bois (en petite quantité)

Évitez :

  • gras (huile, mayonnaise, etc.)
  • viande, poisson, os et produits laitiers
  • litière d’animaux domestiques
  • gazon traité chimiquement et mauvaises herbes en graines
  • morceaux de bois calcinés et cendre de briquettes
  • les plantes malades qui risqueraient de contaminer le compost

-Déposez par couches successives et minces (le concept du compost en étages, ou lasagne de compost) les matériaux à votre portée, soit, une couche de « bruns » à la base, suivi d’une couche de « verts » et d’une fine couche de compost ou de terre du jardin. Veillez à bien humidifier et répétez. Certaines personnes suggèrent un ratio de deux parties de « bruns » pour une de « verts », mais l’important est de garder une humidité adéquate et de corriger selon les déchets que vous avez sous la main.

-Veillez à retourner votre compost au moins quelques fois par mois. Il doit être légèrement humide en permanence. Un signe que le compost est bien pris est qu’il dégage de la chaleur, mais il ne devrait pas sentir (il est trop humide dans ce cas, ajoutez des déchets « bruns » ou de la terre).

-Gardez toujours le compost couvert, coupez les éléments en petits morceaux pour favoriser une décomposition plus rapide. Pour accélérer le processus, vous pouvez garder les déchets de table dans un contenant de plastique fermé pendant quelques jours avant de les ajouter au compost.

Pour les paresseux ou ceux qui vivent en appartement, le service Compost Montréal offre de recueillir les déchets compostables chez vous pour un prix dérisoire. Le service vous aide à faire votre part en attendant le service municipal. http://www.compostmontreal.com/

Et pour les purs et durs qui voudraient tenter le compostage à l’intérieur, il existe une méthode inodore et très efficace, mais un peu complexe : le vermicompostage. On fait appel à des lombrics (verres de terre) pour décomposer les substances organiques en un humus très riche. L’avantage : pas besoin de se rendre à son bac de compost l’hiver!

Le site web http://www.pousse-menu.com/ propose une méthode assez détaillée si vous voulez vous attaquer à un nouveau défi.

Voici aussi une vidéo (en anglais) expliquant de façon simple comment mettre sur pied son propre bac à vermicompost en quelques étapes.

Crédit photo : Flickr/SuperFantastic


[1] http://ville.montreal.qc.ca/portal/page?_pageid=916,1607702&_dad=portal&_schema=PORTAL

[2] http://www.compostmontreal.com/compost_pourquoi1

[3] http://www.eco-quartier.ca/compostage.htm



Vendredis Verts – Spécial paniers locaux

Vendredi, mars 26th, 2010

un exemple de panier bio local au mois d’août

Bon vendredi! Vous avez suivi avec intérêt le débat sur manger local ou non? Vous êtes arrivés à une conclusion? Nous non plus. C’est du cas par cas. Ma position : éviter le suremballage, favoriser les aliments bios et des fois, peut-être juste un peu, relaxer avec tout ça et manger ce dont on a envie! À force de tenter d’atteindre l’assiette parfaitement verte, on risque de tout balancer et d’aller se gaver de poutine, comme écœuré par un régime draconien.

Parlant de régime draconien, j’ai lu un article très intéressant dans le journal l’Itinéraire sur l’orthorexie, cette maladie qui pousse une personne à devenir obsessive par rapport à la qualité de son alimentation. Selon le site web de Clin d’œil[1] :

« L’orthorexique s’affiche comme un gourou absolu de l’alimentation saine, vérifiant tous les ingrédients et traquant la moindre trace de ce qu’il considère comme non sain: colorants, graisses, OGM, etc. Il souffre finalement d’une perte absolue de repères, alors que les différents messages alimentaires (souvent contradictoires) diffusés par la société de consommation se multiplient et se chevauchent. Il éprouve le besoin de créer ses propres dogmes alimentaires (aliments interdits, entre autres) et de s’isoler socialement, ne sortant qu’en emportant son propre repas pour se rassurer et posséder un meilleur contrôle sur sa vie. Cette obsession débouche sur une détresse psychologique et une telle souffrance que, paradoxalement, il mettrait sa santé en péril! Car ce trouble alimentaire cause des carences sévères qui chamboulent le métabolisme. Ça vous rappelle vaguement quelqu’un? Fort possible. L’orthorexique vit dans un pays où le choix est roi et où l’on se définit de plus en plus par ce que l’on mange. »

L’orthorexie semble guetter plusieurs d’entre nous, dont moi, sur certains aspects…

Et quoi de mieux qu’un panier de produits frais et locaux (ne serait-ce que pour la fraicheur des aliments, désolée Pierre Desrochers) pour redécouvrir le plaisir de bien manger. Grâce aux paniers locaux, plus de décryptage d’étiquettes, pratiquement plus d’emballage, et plus de casse-tête à l’épicerie pour savoir ce qui est en saison ou pas. Si le concept vous est un peu flou, les paniers locaux, c’est une entente que vous concluez avec une ferme locale, certifiée biologique ou pas, qui vous livrera un panier de produits maraichers pour un montant fixe une fois par semaine. Les paniers vont varier en taille et en contenu selon la période de l’année et ne sont souvent disponibles que pendant la saison haute (avril à octobre).

Les avantages de souscrire à un programme de livraison de produits locaux :

-Avoir un contact avec le producteur, savoir d’où les aliments proviennent ;

-Manger bio ou à tout le moins, écolo, à coût moindre ;

-Encourager l’économie locale, encourager les petits producteurs ;

-Le goût!! La fraicheur des aliments.

Cette semaine, j’ai fait des recherches sur différents fournisseurs de la région de Montréal. D’ailleurs, les inscriptions pour l’été sont en cours d’exécution alors si vous êtes intéressés, faites vite!

Équiterre a mis sur pied un réseau  d’agriculture soutenue par la communauté qui compte 115 fermes, dont 27 livrent à Montréal. Vous pouvez consulter leur outil de recherche, qui vous permet de découvrir les fermes qui livrent dans votre quartier. Il est bon de noter que vous devrez payer une cotisation au service mis sur pied par Équiterre, et que plusieurs autres fermes offrent des services similaires sans pour autant jouir de la même visibilité. Par contre, le guide est bien conçu et donne beaucoup d’informations. Les fermes ne sont pas toutes biologiques, mais elles sont toutes dotées d’un code d’exploitation éthique, et la plupart sont en instance de certification.

Vous pouvez aussi vous renseigner auprès de magasins d’alimentation naturelle, qui sont souvent des points de chute pour les fermes.

Le site web about.com fournit une liste de fermes exclusivement biologiques qui livrent des paniers à Montréal ou dans la région (en anglais).

Et si l’idée de souscrire à un programme hebdomadaire ne convient pas à votre horaire, sachez que plusieurs producteurs locaux vendent leurs produits dans les quatre grands marchés publics de Montréal (Maisonneuve, Jean-Talon, Atwater, et de Lachine) ainsi que dans les plus petits marchés de quartier.  http://www.marchespublics-mtl.com/

Pour conclure, voici ma suggestion personnelle, pour commander de la bonne viande biologique savoureuse : la ferme Le Crépuscule à Yamachiche. Je la visite annuellement dans le cadre de son imbattable cabane à sucre biologique. On accorde aux animaux le soin et le respect qu’ils méritent et le résultat est incomparable. Quel régal! (en quantité raisonnable, bien sûr)

Vous faites affaire avec une ferme locale que vous aimeriez recommander? Partagez vos découvertes.


[1] http://clindoeil.canoe.com/bienetre/article1/2005/09/20/1227480-cd.html

Crédit photo : Le boisé Desbois/Flickr


Dessine-moi l’environnement

Mercredi, mars 24th, 2010

La semaine dernière, je suis tombée par hasard sur le blogue de l’artiste et écologiste canadienne Franke James : http://www.frankejames.com/. Ça été un coup de cœur. Je suis une abonnée des blogues environnementaux de tous genres, du plus sérieux au plus ludique, mais rien ne se compare au sien. L’essentiel, lorsqu’on écrit un blogue sur l’environnement c’est de trouver une façon d’être intéressant sans être moralisateur. Et ça peut être ardu. J’en sais quelque chose, je lis des blogues à longueur de journée et bien peu arrivent à me passionner. Je ne fais qu’imaginer à quel point ça peut être rébarbatif de se faire parler d’environnement pour quelqu’un qui est sensible à la cause mais sans plus. Spécialement à l’ère de l’information instantanée, de youtube et des messages textes.

Franke James est une artiste, une activiste et une communicatrice hors pair. Elle met son talent au service de la cause environnementale en publiant des essais visuels très réussis, très convaincants et agréables à lire. Mon favori : Fat Cat Canada’s Giant Litter Box. Un mélange ludique d’illustration, de BD et de conscience sociale qui vulgarise la situation des sables bitumineux tout en étant captivant pour les débutants comme pour les experts. Je pense qu’elle est là, la force de Franke James : elle arrive à rejoindre un public très large. Jetez-y un coup d’œil, ça vaut vraiment la peine.

Voici une vidéo où elle explique sa démarche :

Franke James fait le tour des écoles pour donner des conférences sur l’environnement, mais au lieu de faire un long monologue sur le sujet ou de moraliser, elle incite les étudiants à laisser aller leur propre créativité sur le sujet de l’environnement. Elle a donc créé le guide Six Tools To Make  Climate Change Art ce qui rend le processus d’apprentissage interactif et pousse les étudiants à la réflexion et à l’action, plutôt qu’à l’écoute passive.

Inspirant tout ça, n’est-ce pas?

Dans le même ordre d’idée, de nombreux blogues ont fait mention de la journée internationale de l’eau mardi dernier, le 22 mars 2010. J’ai trouvé deux vidéos créatives conçues pour faire avancer les choses et éveiller les consciences tout en divertissant. Et le tout, sans avoir des moyens de production énormes. En espérant vraiment que dans un futur rapproché, le fait de boire une bouteille d’eau soit aussi dépassé que de fumer au restaurant…

Sur la Prochaine Évolution Industrielle, un super dessin animé d’Annie Leonard, The Story of Bottled Water :

Déniché sur le blogue Écotrip de Math et Aude, une vidéo maison simple, efficace, sympathique de Derek aka Skwirl77  :

Vous connaissez des gens créatifs, engagés et inspirants? Vous êtes l’auteur d’une œuvre artistique engagée? Nous voulons vous entendre (ou vous voir, ou vous lire!).


Les Vendredis Verts – Dans la cuisine

Vendredi, mars 19th, 2010

Bon vendredi! Le retour du beau temps et les journées qui s’allongent nous permettent de réduire notre consommation d’électricité, mais comment en faire plus? Cette semaine, inspirée du livre Climate Change de Jon Clift et Amanda Cuthbert, je vous propose des astuces pour réduire votre consommation d’énergie dans la cuisine. Voici plusieurs trucs tous simples à appliquer dès maintenant. Vous m’en donnerez des nouvelles.

Cuisson

Un four traditionnel est très énergivore. À pleine capacité, il peut consommer jusqu’à 11kWh, c’est-à-dire, près d’un dollar à l’heure.

-Coupez les aliments en morceaux plus petits pour leur permettre de cuire plus vite et donc de nécessiter moins d’énergie pour la cuisson.

-Utilisez un poêlon de la bonne dimension selon ce que vous voulez faire cuire et selon la taille de l’élément pour sauver de l’énergie.

-Couvrez les casseroles pour éviter de perdre de la chaleur.

-Réduisez la chaleur de l’élément. Dès que les aliments ont atteint le point d’ébullition, ils n’ont pas besoin de la même intensité de chaleur pour continuer à cuire.

-N’utilisez que la bonne quantité d’eau pour faire bouillir les aliments, ou mieux encore, faites cuire les légumes à la vapeur. Ça nécessite moins d’eau et moins d’énergie.

-Essayez de faire des repas-casseroles, qui ne nécessitent l’utilisation que d’un seul élément. Vous sauverez ainsi aussi en vaisselle à nettoyer.

-Les cuiseurs à pression peuvent vous permettre de sauver beaucoup de temps et d’électricité.

-Évitez d’ouvrir la porte du four pour vérifier l’état de la cuisson.

-Considérez l’achat d’un four à convection quand vous aurez besoin de remplacer le vôtre. Les fours à convection utilisent environ 20% moins d’énergie que les fours traditionnels.

-Cuisez plusieurs repas à la fois quand vous avez besoin du four pour en optimiser l’espace. Réchauffer un plat nécessite moins de chaleur que sa cuisson.

-Dans le four, la cuisson est plus rapide sur la grille du haut.

-Ne faire bouillir que la bonne quantité d’eau dans la bouilloire.

-Essayez de planifier et faites décongeler vos aliments à l’avance.

-Les mijoteuses sont une invention fabuleuse. Elles cuisent les aliments très doucement en utilisant à peine plus d’énergie qu’une ampoule électrique.

-Les fours à micro-ondes consomment environ 80% moins d’énergie que les fours conventionnels.

Garder les aliments au frais

Saviez-vous que le réfrigérateur peut représenter près du tiers de la facture d’électricité de la maison?

-Attendez que les aliments aient refroidi avant de les ranger au réfrigérateur.

-Évitez de laisser la porte du réfrigérateur ouverte plus longtemps que nécessaire.

-Gardez le réfrigérateur loin des sources de chaleur comme le four ou un calorifère et évitez de le laisser à la lumière du soleil.

-Essayez de garder votre réfrigérateur et congélateur les plus pleins possible. Étonnement, ils consomment moins d’énergie ainsi, parce que l’air n’a pas à circuler autant.

-Décongelez la nourriture pendant la nuit dans le réfrigérateur. Ça le refroidira et réduira sa consommation d’énergie.

-Conservez le derrière du réfrigérateur propre, dépoussiéré et assez éloigné du mur.

-Les congélateurs à tiroir consomment moins d’énergie que ceux avec une porte qui s’ouvre sur le devant.

Ces petits ajustements sont assez simples à effectuer et n’impliquent pas de changement drastique dans votre mode de vie. Il suffit de faire l’effort d’y penser. Connaissez-vous d’autres façons d’économiser de l’électricité dans la cuisine?

Crédit photo : thebittenword.com/Flickr


Une publicité britannique qui ne laisse personne indifférent

Mercredi, mars 17th, 2010

Trouvez-vous cette publicité trop choquante? Elle crée un tollé en Grande Bretagne…

Personnellement, elle me semble rébarbative. Est-ce la bonne façon de passer le message? Où est-ce une façon de donner des munitions aux sceptiques qui n’y verront qu’une conspiration?

Sur une note positive : elle ne passe pas inaperçue!

Vous pouvez lire l’analyse détaillée du journal britannique The Guardian ici.


L’importance des efforts individuels – Réflexion sur No Impact Man

Mardi, mars 16th, 2010

Ça fait un petit bout déjà que j’avais envie de voir le film No impact Man, un documentaire sorti en septembre dernier tiré de l’expérience d’une famille new-yorkaise de vivre un an sans émettre de CO2, mais il était difficile à dénicher. Selon ce que j’ai cru comprendre, les clubs vidéo de répertoire viennent tout juste de le recevoir. Je l’ai vu hier et je vous le recommande.

J’étais déjà une lectrice assez assidue du blogue de Colin Beavan – http://noimpactman.typepad.com/blog/ -  et j’étais donc familière avec le projet, mais le documentaire est très instructif. Il nous permet de voir et de ressentir les efforts incroyables que cette famille a décidé d’investir dans une cause qui lui tient à cœur et de comprendre vraiment de quoi il retourne, au-delà de la théorie.

En résumé, le projet No Impact Man, c’est pour une famille urbaine typique de deux adultes, d’un enfant d’un an et demi et d’un chien, de vivre un an en plein cœur de Manhattan avec le plus petit impact environnemental possible (objectif : aucun). Les Beavan doivent donc laisser tomber tout ce qui leur est si habituel qu’ils n’y pensent même plus : la télévision, la voiture, la nourriture importée, le lave-vaisselle, le café, le réfrigérateur, les couches jetables, l’ascenseur, la nourriture de restaurant (consommée sur place ou non), les produits emballés, le papier de toilette, les nouveaux vêtements ou meubles, les cosmétiques, la laveuse, etc. (vous pouvez visiter le blogue pour une description détaillée du projet). La famille progresse graduellement, au point même de ne plus consommer d’électricité pendant 6 mois.

Vous pourriez croire que les Beavan sont des illuminés, granos finis, et pourtant, ils sont tous deux des professionnels sérieux ; elle est journaliste chez Business Week, lui est détenteur d’un doctorat en ingénierie électronique. Ayant été consultant plusieurs années, il est maintenant écrivain et journaliste. Les Beavan décideront pourtant de renoncer à une partie de leur confort, en lavant leurs vêtements en les piétinant dans le bain par exemple, ou en gardant un bac à compost plein de vers dans leur appartement…

Le film comme tel est non-seulement divertissant et très drôle par bouts (les Beavan sont parfois considérés comme des extra-terrestres et le couple passe par des moments de frustration hilarants), il est aussi instructif et nous fait prendre conscience de notre surconsommation collective beaucoup mieux qu’en nous montrant des piles de déchets. En fait, le défi de taille de la famille nous fait réaliser à quel point nous vivons tous dans un monde façonné par l’instantanéité, la facilité et l’accessibilité, mais aussi par la déresponsabilisation et l’égoïsme.

Le message du film n’est pas de devenir aussi radical que les Beavan, mais plutôt de réfléchir sur ce que chacun de nous pourrait améliorer dans sa consommation personnelle. La famille n’a d’ailleurs pas conservé tous les changements appliqués pendant cette année, même si Colin Beavan prétend qu’ils en ont conservé 60%. Les Beavan deviennent les parfaits porte-paroles d’une cause qui nous concerne tous, parce qu’ils s’engagent dans le projet avec tellement de bonnes intentions et de naïveté qu’il est impossible de les trouver moralisateurs. Et sans m’avoir donné envie de tenter l’expérience pendant un an, même sans m’avoir appris tant de choses, le documentaire a interpellé la petite voix à l’intérieur de moi qui me dit souvent que je pourrais en faire plus, sans avoir à y mettre tellement plus d’efforts.

Mais la leçon vraiment intéressante que j’ai tirée de l’aventure des Beavan, c’est que chacun de nos gestes a un impact sur nous et sur les autres. Nous vivons en société, nous sommes donc tous interdépendants. Délaissant le divertissement facile de la télévision, la famille reconnecte avec l’esprit de communauté en fréquentant des fermes, des marchés bios et des jardins publics ainsi qu’en jouant un rôle d’éducateurs auprès des gens. Les protagonistes prennent conscience de l’importance de leur impact personnel sur le monde. Comme Colin Beavan le dit si bien : « L’action individuelle est complémentaire de l’effort collectif, ils ne s’excluent pas l’un l’autre [1]». Et malgré les critiques de ses détracteurs qui ne voient en lui qu’un opportuniste qui cherche à se faire de l’autopromotion ; même si la démarche n’est ni très scientifique, ni toujours très réaliste, je pense que la voix des Beavan ne peut que favoriser la réflexion et le dialogue, et rendre le discours environnemental plus accessible.

Vous pouvez tenter l’expérience No Impact pendant une semaine si le défi vous semble intéressant. Colin Beavan vous fournit même un guide gratuit à télécharger sur son blogue : http://noimpactproject.org/experiment/. Je rassemble le courage nécessaire et je vous donnerai un compte-rendu ici-même, dès que l’été se pointe le bout du nez.

Que pensez-vous de l’initiative de Colin Beavan? Avez-vous tenté le défi? Seriez-vous intéressé à le faire? Pourquoi?


[1] http://www.lexpress.fr/actualite/environnement/adieu-television-lave-linge-papier-toilette_854474.html


Stop-motion de la maison du développement durable

Mardi, mars 16th, 2010

Sa construction a été inaugurée hier, voyez ou revoyez la vidéo poétique de la Maison du développement durable.


Vendredis Verts – Spécial bidules inutiles

Vendredi, mars 12th, 2010

Bon vendredi! Vous avez saisi l’importance des  4R : refuser, réduire, réutiliser et recycler et vous les mettez en application régulièrement. Pourtant, malgré vos efforts pour refuser et réduire, vous restez encore malheureusement coincé avec toutes sortes de bidules inutiles?  Inspirée par ma mère (la reine de la récupération) et de nombreuses trouvailles sur le site realsimple.com, voici des astuces ingénieuse pour donner une seconde vie aux « cossins » encombrants.  De cette façon, vous économiserez et  vous ferez votre part pour l’environnement. Chaque petit geste compte!

Les sacs à lait

Les sacs à lait sont faits de plastique plus épais que les sacs à sandwich et ils ont un format intéressant. Vous pouvez vous en servir pour les lunchs, ou pour n’importe quel besoin de rangement. Une fois lavés, ils ne sentent rien, et j’en sais quelque chose, ma mère les utilisait pour mes lunchs!

Les élastiques à légumes

Personnellement, je les trouve vraiment agaçants. J’en ai des dizaines et je ne sais quoi en faire. Les élastiques peuvent vous venir en aide pour ouvrir des pots, ou attacher des bouquets de fleurs afin d’en faire un plus bel arrangement. S’ils sont colorés, ils peuvent être une alternative aux rubans colorés pour emballer les cadeaux. Ils peuvent vous aider à décorer des œufs de Pâques : entourez des œufs cuits durs de bandes élastiques de différentes largeurs avant de les plonger dans du colorant alimentaire pour faire des stries sur leurs coquilles. Vous pouvez les enrouler autour des extrémités d’un cintre : les robes à bretelles resteront bien en place au lieu de se retrouver sur le plancher de la garde-robe. Enroulez-les autour d’un verre pour aider les petites mains à mieux le tenir.

Boites de mouchoirs vides

Elles semblent tellement inutiles! Pourtant, vous pouvez les utiliser pour organiser votre rangement. Classez-y vos sacs d’épicerie en plastique, selon leur format. Rangez-y vos gants à vaisselle…

Vieux cadre décoratif

Ce n’est pas parce que vous n’aimez plus la peinture ou la photo contenue dans le cadre que le cadre n’est plus utile. Clouez-y une planche solide et fabriquez un cabaret pour des petits-déjeuners au lit stylés.

Les sous-verres en carton

Les sous-verres sont destinés à n’avoir qu’une seule utilisation. Pourtant, ils ont souvent un design recherché et original. Poinçonnez-les, attachez-les avec un ruban et ils peuvent faire de jolies étiquettes à cadeaux.

Les vieilles craies

Je ne sais pas si plusieurs d’entre vous en ont encore, mais quand les enfants cessent d’utiliser leurs craies, elles sont très efficaces pour absorber l’humidité, un peu comme le bicarbonate de soude. Elles absorbent les odeurs et peuvent prévenir le ternissement de l’argenterie.

L’huile végétale

Si elle n’est plus très fraîche pour la consommation, l’huile végétale peut redonner de l’éclat aux articles de cuir. Frottez-en vos chaussures avec un chiffon doux.

Les vieilles boites d’allumettes en carton

Comme les sous-verres, elles ont souvent des designs recherchés et elles ont un format intéressant pour y ranger un ensemble à couture de voyage.

Les cartons de bière (les 6-packs, en bon français)

Vu dans un resto : ils font de super boites à condiments pour les pique-niques, fêtes et barbecues. Rangez-y les bouteilles à condiments, sel et poivre, et les serviettes (de tissus, bien sûr).

Les bonnets de douche d’hôtel

Ne les jetez pas après les avoir utilisés, surtout en voyage. Ils font de super sacs à chaussures pour protéger vos vêtements dans une valise.

Les étiquettes personnalisées pour les lettres

À l’ère ou le courrier traditionnel est de moins en moins utilisé, les étiquettes d’adresse personnalisées que vous avez achetées d’une œuvre de charité risquent de devenir désuètes. Utilisez-les pour identifier vos items personnels, tels que les livres, cahiers d’école ou agendas.

Les mitaines orphelines

Il arrive souvent de ne perdre qu’une mitaine. Au lieu de jeter l’autre, utilisez-la comme étui pour vos lunettes de soleil.

Les étuis à verres de contact

Si vous êtes un porteur de lentilles cornéennes, vous devez avoir une dizaine de ces petits bidules. Ils font de très bonnes boites à pilules de voyage, étant moins encombrants que des bouteilles.

Les tubes de rouleaux de papier de toilette

Ils aident à tenir les fils électriques rassemblés, sans faire de nœuds.

Les boites à bouteilles de vin (6)

Elles sont habituellement très solides. Elles peuvent aider à mettre de l’ordre dans la penderie en faisant de bons portes chaussures. Décorez-les de vieux papier d’emballage pour les rendre plus coquettes.

Bouchons de liège

Découpez-les en petites rondelles et collez les sur le cadre des armoires pour prévenir les portes de claquer.

Crédit photo : OakleyOriginals/Flickr


Découvrez votre pastille verte

Mardi, mars 9th, 2010

Les marketers vous ont à l’œil. Eh oui. Ils analysent vos moindres achats, vos motivations, votre mode de vie… je ne vous apprends rien. Et c’est tant mieux : nous vivons à une époque où le consommateur a plus de pouvoir que jamais. En effet, en parallèle avec la révolution verte se trame la révolution du 2.0 où enfin, le consommateur force l’industrie à l’écouter et à s’adapter à ses besoins. Ceux qui n’écoutent pas sont condamnés à perdre la course.

Chaque fois que vous achetez un produit ou un service, vous donnez votre accord à l’existence même de ce produit. Vous avez de plus en plus d’alternatives, vous avez accès à un nombre illimité d’informations grâce à Internet, vous pouvez donner votre avis sur un produit sur des forums de discussion. Avoir le pouvoir de consommer, c’est avoir le pouvoir de changer les choses, même sans être un activiste. Et les consommateurs sont de plus en plus nombreux à exiger que les produits qu’ils consomment soient éthiques, selon différents critères (biologiques, biodégradables, équitables, etc.).

Le mouvement vert n’est plus « underground », il est devenu une tendance durable et les marketers l’ont bien compris. D’où la naissance d’une discipline beaucoup moins marginale qu’avant : le marketing vert. Je vous invite à découvrir où vous vous situez dans le spectre vert selon ces spécialistes.

Qui sont les consommateurs verts?

Voici des faits généraux dégagés par le guide Business and Sustainable Development[1] sur les consommateurs qui se disent verts (étude nord-américaine publiée cette année) :

-Ils ont des intentions sincères, et ont la motivation de se dévouer de plus en plus à un mode de vie responsable.

-Ils considèrent presque toujours qu’ils pourraient en faire plus pour l’environnement.

-Ils ne s’attendent pas des compagnies qu’elles soient parfaites, mais ils sont favorables aux entreprises qui instaurent des plans de développement durable et cherchent à trouver des moyens tangibles pour s’améliorer. (La transparence est de mise!)

Par contre :

-Ils ont tendance à surestimer les efforts qu’ils font, spécialement à surestimer la quantité de produits verts qu’ils utilisent.

-Ils ne sont pas prêts à faire des sacrifices majeurs pour l’environnement et ils ont tendance à être paresseux dans leurs changements.

-Ils ne sont pas très informés en matière d’environnement et ils ne font pas confiance à leurs connaissances pour juger des études scientifiques environnementales. Par contre, ils ont envie d’en savoir plus sur le sujet. Les compagnies devraient donc tenter de jouer un rôle éducatif.

La différence entre les Américains et les Canadiens

Semblerait-il que nos « vieux » soient plus conscientisés que ceux de nos voisins par rapport à la consommation responsable. Alors que chez les Américains, les enfants et les adolescents sont plus conscientisés que leurs parents et les influencent donc à mieux consommer, les Canadiens de tous âges semblent préoccupés par la consommation responsable.

Et au Québec?

Selon un sondage CROP publié dans Le Devoir en octobre dernier, au Québec, la population serait divisée en trois parties presque égales[2] :

-Les vert foncé, les purs et durs, ceux qui font des efforts conscients (33%) ;

-Les vert pâle, les mous, ceux qui choisissent l’option verte si elle est facilement accessible et pas plus dispendieuse (35%) ;

-Les bruns, les insensibles, ceux qui s’en foutent et qui ne changeront pas leurs habitudes (32%). Ils ont d’ailleurs tendance à adopter une attitude réfractaire par rapport au discours environnementaliste.

Les motivations

Une étude américaine publiée sur le blogue du Harvard Business Review[3] pousse la recherche plus loin et divise les consommateurs verts selon ce qui les motive à consommer de façon responsable. Selon cette étude, les verts foncés et les verts pâles seraient divisibles en quatre grandes familles. (traduction très libre) :

-Les anti-gaspillages : ils détestent le gaspillage, recyclent, compostent et cherchent toujours le meilleur moyen d’éviter le suremballage. Ils utilisent des sacs et des gourdes réutilisables. Ils ont tendance à surveiller leur consommation d’énergie, à installer des minuteries et à utiliser des ampoules éco-énergétiques.

-Les fanatiques santé : ils s’en font avec les résidus trouvés dans leur alimentation. Ils ont tendance à consommer des aliments biologiques, ils vérifient les composés toxiques des cosmétiques et des jouets, ils ne laissent jamais sortir leurs enfants sans écran solaire à protection totale, etc.

-Les amoureux des animaux : ils ont tendance à être végétariens ou végétaliens, ne portent pas de fourrure, boycottent la consommation du thon, appuient des organismes comme PETA. Ils recherchent les produits certifiés « sans cruauté » et « non-testés sur les animaux ».

-Les enthousiastes de la nature : ils ont un mode de vie actif, ils apprécient le camping, les randonnées en montagne… Ils font attention à la trace qu’ils laissent en forêt, donc, à ramasser les déchets, à utiliser des savons biodégradables et à transporter des contenants réutilisables. Ils recherchent les étiquettes « produit local » et ils ont tendance à acheter des vêtements d’extérieur éthiques, faits de matériaux recyclés.

Quelle est votre pastille verte?

Pour copier sans scrupule le concept d’une institution bien de chez nous, découvrez et partagez avec nous votre pastille verte… Êtes-vous un anti-gaspillage vert pâle? Ou un fanatique santé vert foncé? Un brun (gasp)? Un joyeux hybride?

Crédit photo : annnie/Flickr


[1] http://www.bsdglobal.com/markets/green_who.asp

[2] http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/272512/sondage-crop-le-cote-ecolo-des-quebecois-se-confirme

[3] http://blogs.hbr.org/cs/2010/02/a_smart_way_to_segment_green_c.html


Fabriquer son propre jardin vertical

Lundi, mars 8th, 2010

Très apaisant, les jardins verticaux. Ils ont non seulement des propriétés esthétiques, ils contribuent aussi à l’assainissement de l’air. Voici un vidéo de Patrick Blanc qui donne une méthode simple pour en fabriquer un soi-même. Merci à Roxanne Miller pour le lien http://twitter.com/Rox1000er.



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