Il y a quelques semaines, j’ai suivi avec incrédulité la triste histoire de l’éco terroriste James Jay Lee. Le forcené a tenu trois personnes en otage dans les locaux de la chaine de télévision Discovery, exigeant un changement de programmation afin de « sauver la planète »[1]. La longue liste des demandes de Lee est encore disponible en ligne. James Lee était un activiste, un militant contre les changements climatiques qui croyait que la solution aux problèmes de la planète était l’éradication de la race humaine. Selon lui, Discovery Channel devait cesser de mettre en onde des émissions ou on dépeignait la famille de façon positive et devait plutôt sensibiliser les gens aux bienfaits de la stérilisation. Pour lui, chaque humain qui naissait n’était qu’un parasite de plus pour empoisonner la planète.
La liste des demandes de James Lee rend inconfortable. Comment cet homme a-t-il pu en venir à détester son espèce à ce point ? Et en même temps, plusieurs personnes, moi y comprises, ont déjà eu de telles réflexions : au point où nous en sommes, est-il vraiment possible de faire marche arrière ? La population mondiale se multiplie à un rythme effréné. Nous ne savons plus quoi faire de nos tonnes de déchets, les océans se vident de leurs poissons et s’emplissent de plastique, les changements climatiques influencent les catastrophes naturelles à la hausse… La planète ne se porterait-elle pas mieux sans nous ?
Contrôle de la population
Plusieurs organisations prônent une réduction des naissances afin de protéger l’environnement. Certaines, comme le Voluntary Human Extinction Movement[2] et The Church of Euthanasia[3] (avec son slogan « Save the Planet, Kill yourself »), sont aussi radicales, sinon plus que James Jay Lee. Par contre, la plupart de des organisations faisant la promotion d’un contrôle plus serré des naissances ont un discours modéré et rationnel. The Population Institute[4] a pour mission d’éduquer les populations et les dirigeants à l’importance de mettre en place des services de planning familial ainsi que des programmes éducatifs accessibles pour tous. L’organisme vise à ce que la population mondiale soit en équilibre avec les ressources disponibles pour augmenter la qualité de vie globale. Pas bête. Même l’ONU s’est penchée sur la question en publiant en novembre 2009 un rapport recommandant de réduire le nombre de naissances afin de limiter une hausse de la pollution[5].
Malaise
Une telle question rend mal à l’aise parce qu’il est difficile de déterminer des règles justes. Qui a le droit de se reproduire ? Devons-nous empêcher les habitants des pays en développement densément peuplés de se reproduire où les occidentaux dont le mode de vie pollue 3o fois plus ? Sur quels critères nous baserons-nous ? Et si nous déterminons que la solution était l’extinction de la race humaine, quel sens l’existence prendrait-elle ? Il y quelque chose de naturel dans le cycle de la vie : après la mort, la renaissance, et la roue continue à tourner.
Par ailleurs, est-ce que l’humain ne fait pas partie, lui aussi, de la nature ? Selon plusieurs penseurs, plus l’humain s’éloigne de la nature, plus il se sent déconnecté d’elle. D’autres penseurs soulèvent la question du sacré. Est-ce qu’influencer le cours naturel des naissances, ça ne serait pas un peu de jouer un rôle qui ne nous revient pas, comme si on se prenait pour Dieu ? Lire à ce sujet un article très intéressant de Michael Zimmerman dans le Huffington Post.
Et si la solution commençait à l’intérieur de soi ?
Au moment où les journaux publiaient le triste dénouement des événements du 1er septembre, le Guardian faisait paraitre un article sur le maître bouddhiste écologiste Thich Nhat Hanh[6]. Le parallèle m’a semblé intéressant. Alors que le débat est ouvert sur les moyens à prendre afin de réduire la population, le moine propose une solution complètement hors zone. Selon lui, le problème n’est pas tant lié à la quantité d’humains, mais bien à nos comportements collectifs et individuels et à notre manque de vie spirituelle. Nous devons tenter d’être positifs et heureux afin d’être en mesure d’aider la planète. Son message n’est pas un message d’autodestruction, mais plutôt un message de compassion :
« The energy we need is not fear or anger, but the energy of understanding and compassion. There is no need to blame or condemn. Those who are destroying themselves, societies and the planet aren’t doing it intentionally. Their pain and loneliness are overwhelming and they want to escape. They need to be helped, not punished. Only understanding and compassion on a collective level can liberate us.”
Même si je préfère la seconde approche (plus douce, selon moi), j’ai l’impression qu’on continuera à entendre parler de la stabilisation globale de la population. Et le sujet restera délicat. Personnellement, j’ai l’impression que le sujet entre dans des sphères plus hautes et plus importantes que ma petite existence banale. Qu’en pensez-vous ?
[1] http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=8973
[2] http://www.vhemt.org/index.htm
[3] http://www.churchofeuthanasia.org/index.html
[4] http://www.populationinstitute.org/
[5] http://www.cyberpresse.ca/environnement/climat/200911/18/01-922896-reduisons-le-nombre-de-naissances-recommande-lonu.php


Au-delà de l’excès par trop évident de James Gay Lee, la question posée reste la bonne question. Pouvons-nous sauver les équilibres écologiques de la planète en restant aussi nombreux et même en poursuivant notre expansion démographique ?
La réponse est non. Par notre nombre mê,e nous occupons tous les espaces et de facto conduisons de nombreuses espèces (majoritairement les grands animaux et les prédateurs) à l’extinction. Moins nombreux nous pourrions tout à la fois offrir plus à chacun des humains et préserver la nature, c’est un objectif qui me semble le bon.
Il est dommage que de telles réflexions soit parfois caricaturés par des exemples tels que celui qu’évoque cet article. Bien évidemment, les natalistes sautent sur l’occasion pour déconsidérer toute réflexion concluant à la nécessaire décroissance de nos effectifs. Il n’en reste pas moins que c’est probablement l’unique solution. Très nombreux et quel que soient nos comportement nous mettrons à mal notre planète.
Les associations citées par le commentateur précédent me paraissent faire un travail fort utile et en effet, en France, l’association Démographie Responsable porte presque seule ce combat.
Intéressant de partir de ce cas isolé (et excessif) pour évoquer la question de la surpopulation. Maintenant, il y a un certain nombre de nos concitoyens français (ou plus généralement de francophones) qui, conscients de la gravité du sujet, se sont regroupé au sein d’une association nommée « Démographie Responsable » (en lien sur mon nom).
A l’instar de ce que fait « Population Institute » aux USA, voire aussi « Population Matters » en GB, ces personnes tentent d’œuvrer pour la stabilisation de la population mondiale dans un premier temps, puis ensuite pour sa lente décroissance pour redescendre dans une fourchette de 4 à 5 milliards dans le courant du siècle prochain.
Leurs motivations et leur programme apparaît clairement dans ce plaidoyer qui sera envoyé au Secrétaire général de l’ONU prochainement :
http://www.cyberacteurs.org/cyberactions/milliards-etres-humains-aujourd-hui-combien-demain-nbsp-341.html
Toutes les personnes désireuses de sauver ce qui peut encore l’être sont évidement invitées à se joindre à eux.