Énergie — 25 février 2011 at 10:23

Transformer le CO2 en pétrole

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Ça semble farfelu, mais ça serait possible : utiliser le CO2 pour produire du pétrole synthétique. Du pétrole comme celui qui se retrouve dans votre voiture. Miracle tombé du ciel? Peut-être pas non plus la meilleure des solutions.

La solution miracle

Des chercheurs espagnols et français ont réussi à mettre au point un procédé qui permettrait de créer du pétrole à partir de stocks de gaz carbonique. À l’aide de cultures de bactéries ultraconcentrées qui utilisent la photosynthèse, ces chercheurs ont réussi à absorber des quantités de CO2 et les transformer par divers procédés chimiques en pétrole synthétique. Ils l’appellent même le « pétrole bleu ». Les images sont surprenantes :

D’autres scientifiques de la Saskatchewan affiliés à une entreprise américaine, Carbon Sciences, disent utiliser un autre procédé un peu plus complexe, mais qui aurait le même résultat : un pétrole artificiel qui ressemble en tout point au pétrole conventionnel. Encore une fois à travers quelques tours de passe-passe chimiques, ce procédé permettrait de transformer le CO2 en gaz naturel (du méthane) et ensuite en pétrole. Si le projet semble frôler l’ésotérisme, il a quand même atterri sur la très sérieuse chaîne CNN :

Déplacer le problème

Tout semble parfait : ces solutions nous permettent de continuer à utiliser le pétrole comme nous le faisons actuellement, sans se soucier de notre environnement. Notre pollution peut maintenant être utilisée pour refaire d’autre carburant! En fait, le cycle n’est pas aussi simple que ça.

Le procédé qui permet de changer le gaz carbonique en gaz naturel n’est pas nouveau en soi. Il demande cependant de grandes quantités d’énergie, il est donc peu rentable, ce qui explique pourquoi il n’a jamais été commercialisé à grande échelle. Toutefois, les nouvelles façons de faire des chercheurs européens et américains seraient moins énergivores, donc plus intéressantes à développer. Des recherches rédigées aux États-Unis existent d’ailleurs sur le sujet. Une usine qui produirait 750 000 gallons (environ 2,8 millions de litres) de pétrole synthétique par jour, une quantité commercialement viable, aurait besoin de sa propre centrale électrique pour fonctionner. Si cette même centrale fonctionne, disons, au charbon, le pétrole produit au final n’est pas si vert que ça. Selon les estimations, une telle usine et sa centrale couteraient 5 milliards de dollars à construire. C’est un peu cher payé pour avoir du « pétrole bleu » à grande échelle, non?

Pour produire ce type de carburant, encore faut-il avoir de la matière première, du CO2, et encore faut-il l’apporter à l’usine pour le transformer. Tous ces systèmes ont également un coût et demandent des investissements technologiques. De plus, peut-on réellement s’assurer qu’il est possible de capter, par exemple, la totalité du gaz carbonique produite par une usine qui fournirait la production de pétrole synthétique? Pas pour l’instant, du moins.

N’est-il pas plus simple de réduire nos émissions à la source avec des méthodes connues et prouvés efficaces? Il n’existe aucune solution miracle aux changements climatiques et elle ne s’appelle surtout pas « pétrole bleu ».

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