Insolite — 30 mai 2012 at 10:40

Remplacer le goudron par le gazon

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Oui, il est dorénavant possible de remplacer asphalte ou béton par de la pelouse, que ce soit pour un stationnement, un passage pour piéton ou encore pour une allée de garage. Cela est possible grâce aux revêtements perméables. Voici comment ils fonctionnent.

Les revêtements perméables sont constitués de nombreuses alvéoles, produites à l’aide de matériaux recyclés et composées de sable siliceux et de terre végétale. Ces revêtements protègent le gazon, sans l’abîmer; ils sont même résistants à une compression de 350 tonnes/mètre2. Il est donc possible de s’en servir pour la mise sur pied de vastes stationnements automobiles de gazon pour un effet plus esthétique, par exemple.

Asphalte ou pelouse ? Pelouse !

En fait, l’asphalte n’est jamais un très bon choix d’un point de vue environnemental, bien qu’il soit un matériau très standard chez nous et peu dispendieux. Voici pourquoi. D’abord, l’asphalte est évidemment totalement imperméable à la pluie. Cela résulte en un écoulement rapide de l’eau vers les égouts; alors que le liquide n’est pas absorbé, l’asphalte fait augmenter le débit de l’eau et son ruissellement, empêchant l’absorption du sol. Au contraire, la pelouse est perméable à 95 %, garantissant un drainage naturel et idéal lors des pluies.

De plus, ces eaux non infiltrées, vu l’imperméabilité du goudron, transportent de nombreux déchets et polluants de par sa trajectoire (huiles usées, phosphore…). Par exemple, le phosphore est responsable de la problématique des algues bleues.

Ensuite, l’asphalte a un effet albédo très bas, ce qui signifie qu’une grande quantité d’énergie (les rayons du soleil) est absorbée. D’où le fait selon lequel en été, il est quasiment impossible de supporter ses pieds nus sur l’asphalte ou sur toute autre étendue foncée, favorisant les îlots de chaleur en ville. Inversement, les surfaces pâles ont un albédo plus élevé, donc reflètent plus facilement les rayons du soleil et ne deviennent jamais aussi chaudes. L’albédo de la pelouse est de 0,25 tandis que et celui de l’asphalte, de 0,03. En conséquence, le gazon agit efficacement comme régulateur thermique.

Qui plus est, « l’asphalte contient 5 % de bitume, un sous-produit du pétrole (le reste est de l’agrégat de pierres) et nécessite beaucoup d’énergie lors de la fabrication, du transport et de la pose. » Encore une fois, l’asphalte est loin d’être un choix gagnant.

Finalement, à notre avis, les végétaux améliorent la qualité esthétique d’un site, et ce davantage que celle de l’asphalte. Cette initiative donne assurément un caractère intéressant au paysage urbain.

Autres alternatives

Trois autres alternatives à l’asphalte sont possibles. Premièrement, le pavé perméable. On s’assure d’espacer chacun des pavés, en le remplissant avec un gravier fin. Toutefois, il faut s’assurer de nettoyer les espaces pour ne pas que trop d’herbes de toutes sortes empêchent l’eau de s’écouler. Esthétique, durable, mais coûteux (environ 100 $/m2).*

Deuxièmement, le gravier, très peu coûteux (35 $/m2)* et perméable, est un bon choix environnemental. Cette option peut être esthétique, dépendamment du gravier privilégié. Toutefois, il est interdit dans certaines villes de la province.

Troisièmement, les bandes de roulement, en pavé de béton ou en gravier, et entourées de verdure ou de gravier, sont aussi un choix intéressant, puisqu’elles permettent une bonne infiltration d’eau. Écologiques et esthétiques, elles ne sont pas trop dispendieuses (entre 50 et 60 $/m2)*.

* Tous les prix incluent l’achat et la pose.

 

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