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Le jardinage écolo à l’ère du 2.0

Mercredi, mai 26th, 2010

J’ai fait une découverte tout à fait inusitée cette semaine. En effectuant quelques recherches, j’ai découvert le mouvement du « Window Farming », un concept original qui exploite le meilleur des deux mondes, le moderne et l’ancien, c’est-à-dire, les nouvelles technologies au service de l’agriculture. Je vous explique.

La tendance étant au verdissement des zones densément peuplées, nous sommes déjà familiers avec les jardins verticaux et les toits verts. Un lecteur du blogue nous a parlé de l’entreprise EnviroZone, qui propose un système vertical pour faire pousser ses propres fines herbes dans sa cuisine[1]. Place à The Windowfarms Project[2] : un concept de jardin hydroponique vertical à fabriquer soi-même, qu’on place dans la fenêtre d’un appartement, d’une maison, ou même d’un bureau, et qui permet de cultiver des légumes tels que la laitue, les tomates cerise, le bok choi et les fines herbes à l’intérieur, sans terre. Système écolo par excellence, il est construit à partir de matériaux recyclés (dont des bouteilles de plastique recyclées et des vieux pots de vitamines), d’une pompe à aquarium  et de matériel de culture hydroponique. C’est très joli à regarder. Voir la petite vidéo explicative :

The Windowfarms Project

Ce que je trouve formidable avec ce projet, c’est la communauté qui s’est créée autour. En plaçant simplement une adresse de site web dans la fenêtre où le premier « jardin de fenêtre » a été installé, à Brooklyn, les deux femmes derrières l’initiative, Britta Riley (artiste) et Maya Nayak (horticultrice), ont créé un véritable effet viral sur Internet. Ça leur a donc permis de créer une communauté virtuelle et d’échanger avec d’autres jardiniers enthousiastes afin d’améliorer leur concept. La méthode est d’ailleurs téléchargeable gratuitement sur leur site web : http://www.windowfarms.org/.

Le site web de Windowfarms comprend un blogue communautaire, où chacun est invité à poser des questions aux autres et à partager ses expériences de jardinage, comme par exemple, demander quelles espèces de légumes sont les plus propices à s’adapter au système de jardinage hydroponique, ou de mettre des photos de son propre jardin. Certains proposent des solutions pour améliorer le concept, ce qui fait que les derniers prototypes de jardins sont plutôt élaborés.

Selon Britta Riley, Windowfarms est un projet d’art participatif qui cherche à faire réfléchir aux questions environnementales à travers les nouvelles technologies et les structures communicationnelles[3]. Riley souhaite impliquer les gens dans un processus de responsabilisation et de recherche. Elle appelle sa méthode « R & D-I-Y » (Research and Develop It Yourself – Recherche et Élabore le toi-même). Et ça marche : en un an, le site participatif our.windowfarms.org comprend pas moins de 4 000 membres actifs un peu partout dans le monde[4]!

À l’ère où l’alimentation est la cause de tant de débats et que nous nous demandons comment nourrir toutes les bouches de la planète, Britta Riley nous prouve que nous pouvons tous faire partie de la solution. Elle nous donne même une méthode pour parvenir à mettre nous-mêmes sur pied un système de jardinage intérieur peu couteux (environ 30 $ pour commencer). Je vois une tendance à long terme dans l’agriculture urbaine, intérieure ou pas. Et vous?

Crédit photo : Flickr/SparkCBC


[1] http://espace.canoe.ca/MURVEGETAL/album/view/320092

[2] http://www.windowfarms.org/

[3] http://www.windowfarms.org/

[4] http://www.npr.org/templates/story/story.php?storyId=125504307


Découvrez votre pastille verte

Mardi, mars 9th, 2010

Les marketers vous ont à l’œil. Eh oui. Ils analysent vos moindres achats, vos motivations, votre mode de vie… je ne vous apprends rien. Et c’est tant mieux : nous vivons à une époque où le consommateur a plus de pouvoir que jamais. En effet, en parallèle avec la révolution verte se trame la révolution du 2.0 où enfin, le consommateur force l’industrie à l’écouter et à s’adapter à ses besoins. Ceux qui n’écoutent pas sont condamnés à perdre la course.

Chaque fois que vous achetez un produit ou un service, vous donnez votre accord à l’existence même de ce produit. Vous avez de plus en plus d’alternatives, vous avez accès à un nombre illimité d’informations grâce à Internet, vous pouvez donner votre avis sur un produit sur des forums de discussion. Avoir le pouvoir de consommer, c’est avoir le pouvoir de changer les choses, même sans être un activiste. Et les consommateurs sont de plus en plus nombreux à exiger que les produits qu’ils consomment soient éthiques, selon différents critères (biologiques, biodégradables, équitables, etc.).

Le mouvement vert n’est plus « underground », il est devenu une tendance durable et les marketers l’ont bien compris. D’où la naissance d’une discipline beaucoup moins marginale qu’avant : le marketing vert. Je vous invite à découvrir où vous vous situez dans le spectre vert selon ces spécialistes.

Qui sont les consommateurs verts?

Voici des faits généraux dégagés par le guide Business and Sustainable Development[1] sur les consommateurs qui se disent verts (étude nord-américaine publiée cette année) :

-Ils ont des intentions sincères, et ont la motivation de se dévouer de plus en plus à un mode de vie responsable.

-Ils considèrent presque toujours qu’ils pourraient en faire plus pour l’environnement.

-Ils ne s’attendent pas des compagnies qu’elles soient parfaites, mais ils sont favorables aux entreprises qui instaurent des plans de développement durable et cherchent à trouver des moyens tangibles pour s’améliorer. (La transparence est de mise!)

Par contre :

-Ils ont tendance à surestimer les efforts qu’ils font, spécialement à surestimer la quantité de produits verts qu’ils utilisent.

-Ils ne sont pas prêts à faire des sacrifices majeurs pour l’environnement et ils ont tendance à être paresseux dans leurs changements.

-Ils ne sont pas très informés en matière d’environnement et ils ne font pas confiance à leurs connaissances pour juger des études scientifiques environnementales. Par contre, ils ont envie d’en savoir plus sur le sujet. Les compagnies devraient donc tenter de jouer un rôle éducatif.

La différence entre les Américains et les Canadiens

Semblerait-il que nos « vieux » soient plus conscientisés que ceux de nos voisins par rapport à la consommation responsable. Alors que chez les Américains, les enfants et les adolescents sont plus conscientisés que leurs parents et les influencent donc à mieux consommer, les Canadiens de tous âges semblent préoccupés par la consommation responsable.

Et au Québec?

Selon un sondage CROP publié dans Le Devoir en octobre dernier, au Québec, la population serait divisée en trois parties presque égales[2] :

-Les vert foncé, les purs et durs, ceux qui font des efforts conscients (33%) ;

-Les vert pâle, les mous, ceux qui choisissent l’option verte si elle est facilement accessible et pas plus dispendieuse (35%) ;

-Les bruns, les insensibles, ceux qui s’en foutent et qui ne changeront pas leurs habitudes (32%). Ils ont d’ailleurs tendance à adopter une attitude réfractaire par rapport au discours environnementaliste.

Les motivations

Une étude américaine publiée sur le blogue du Harvard Business Review[3] pousse la recherche plus loin et divise les consommateurs verts selon ce qui les motive à consommer de façon responsable. Selon cette étude, les verts foncés et les verts pâles seraient divisibles en quatre grandes familles. (traduction très libre) :

-Les anti-gaspillages : ils détestent le gaspillage, recyclent, compostent et cherchent toujours le meilleur moyen d’éviter le suremballage. Ils utilisent des sacs et des gourdes réutilisables. Ils ont tendance à surveiller leur consommation d’énergie, à installer des minuteries et à utiliser des ampoules éco-énergétiques.

-Les fanatiques santé : ils s’en font avec les résidus trouvés dans leur alimentation. Ils ont tendance à consommer des aliments biologiques, ils vérifient les composés toxiques des cosmétiques et des jouets, ils ne laissent jamais sortir leurs enfants sans écran solaire à protection totale, etc.

-Les amoureux des animaux : ils ont tendance à être végétariens ou végétaliens, ne portent pas de fourrure, boycottent la consommation du thon, appuient des organismes comme PETA. Ils recherchent les produits certifiés « sans cruauté » et « non-testés sur les animaux ».

-Les enthousiastes de la nature : ils ont un mode de vie actif, ils apprécient le camping, les randonnées en montagne… Ils font attention à la trace qu’ils laissent en forêt, donc, à ramasser les déchets, à utiliser des savons biodégradables et à transporter des contenants réutilisables. Ils recherchent les étiquettes « produit local » et ils ont tendance à acheter des vêtements d’extérieur éthiques, faits de matériaux recyclés.

Quelle est votre pastille verte?

Pour copier sans scrupule le concept d’une institution bien de chez nous, découvrez et partagez avec nous votre pastille verte… Êtes-vous un anti-gaspillage vert pâle? Ou un fanatique santé vert foncé? Un brun (gasp)? Un joyeux hybride?

Crédit photo : annnie/Flickr


[1] http://www.bsdglobal.com/markets/green_who.asp

[2] http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/272512/sondage-crop-le-cote-ecolo-des-quebecois-se-confirme

[3] http://blogs.hbr.org/cs/2010/02/a_smart_way_to_segment_green_c.html



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