Depuis que je collabore au blog de ZEROCO2, j’aime me renseigner sur plusieurs sujets concernant l’environnement, et j’essaie souvent d’être optimiste et de mentionner les bonnes initiatives et les progrès effectués. J’aime me dire que, malgré les pas de tortue, nous semblons avancer dans la bonne direction et que l’opinion publique atteindra un point où la pression sera telle que nos dirigeants n’auront d’autre choix que de faire passer des lois pour freiner la dégradation de notre environnement.
Ces derniers jours, j’ai envie de me laisser aller au défaitisme. La marée noire du golfe du Mexique[1], une catastrophe dont les conséquences futures me semblent sous-estimées, me désole et me donne envie d’abandonner mon positivisme. En cette année de la biodiversité, où nous nous félicitons d’organiser de superbes activités pour protéger la nature, l’explosion de la plateforme de forage de BP nous ramène la réalité au visage. L’optimiste en moi espère malgré tout que cet événement jouera le rôle d’élément déclencheur chez certaines personnes et leur fera réaliser qu’il est temps pour tous d’essayer de réduire notre consommation de pétrole.
On compare beaucoup l’explosion de la plateforme Deepwater Horizon à l’échouement de l’Exxon Valdez en Alaska en 1989, la pire marée noire de l’histoire des États-Unis. Le pétrolier avait alors déversé plus de 270 000 barils de pétrole brut au large de l’Alaska (multiplier par 159 pour avoir l’équivalence en litres!). Pourtant, les scientifiques s’entendent pour dire que les conséquences liées à l’explosion de la plateforme exploitée par BP risquent de surpasser celles du drame de 1989[2]. De quoi être pessimiste quand on sait que vingt ans plus tard, il reste encore 80 000 litres de pétrole sur les côtes de l’Alaska, ce qui a encore un effet sur la faune et la flore de la région[3].
Selon le magazine Oil and Gas, on estime que la catastrophe de l’Exxon Valdez a causé la mort de 250 000 oiseaux marins, de 2 800 loutres, de 300 phoques et de 250 aigles d’Amérique[4] (sans compter tous les poissons et créatures marines). ExxonMobil n’a toujours pas compensé les résidents affectés par la marée noire et n’a pas encore payé tous les dédommagements liés à la dégradation environnementale[5].
Mais ce qui est le plus troublant, c’est la constatation que le forage pétrolier américain cause des fuites de pétrole dans l’océan aussi importantes que celle produite par l’Exxon Valdez tous les six ans. En effet, selon un article publié dans le San Francisco Chronicle[6], on estime que depuis 1993, les fuites de pétrole causées par le forage océanique seraient de l’ordre de 47 800 barils annuellement, seulement aux États-Unis. Est-ce qu’on ferme les yeux sur cette catastrophe constante parce que les images sont moins spectaculaires?
Et le forage océanique ici?
Le Canada puise du pétrole océanique au large des côtes de Terre-Neuve à trois différents endroits, soit les sites d’Hibernia, de White Rose et de Terra Nova ainsi que dans la mer de Beaufort, au large du Delta de Mackenzie[7].
Sur une note positive, l’administration Harper a annoncé qu’elle renforcerait les lois sur la sécurité du forage pétrolier, suite à l’accident survenu dans le golfe du Mexique[8]. Espérons qu’elle pense aussi à considérer l’avenue des énergies renouvelables.
Réduire sa consommation de pétrole dès aujourd’hui
Les transports sont la principale industrie consommatrice de pétrole. Pensez à :
-Couper le moteur quand vous ne roulez pas
-Respecter les limites de vitesse
-Éviter la voiture quand elle n’est pas essentielle
-Considérer l’achat d’une voiture hybride
-Faire une mise à jour régulière de votre véhicule (garder les pneus bien gonflés)
-Anticiper les ralentissements, éviter les freinages brusques
Vous pouvez aussi vous questionner sur d’autres formes de consommation de pétrole :
-Éviter les plastiques (sacs, bouteilles d’eau, styromousse, etc)
-Essayer de consommer local le plus possible
-Éviter les voyages en avion
-Consommer les produits bios de petites fermes. Les pesticides sont des sous-produits du pétrole et les machineries lourdes utilisées par les fermes industrielles consomment beaucoup de pétrole.
-Évaluer l’option des cosmétiques sans pétrole
Qu’en pensez-vous? Avez-vous d’autres suggestions?
Pour terminer sur une note divertissante, en effectuant quelques recherches, j’ai trouvé un document du Centre canadien d’information sur l’énergie qui sensibilise les touts petits à l’importance du pétrole dans notre vie de tous les jours. Allez y jeter un coup d’œil. Je suis sans mot : http://www.centreforenergy.com/Documents/TeachingResources/PetroleumMagicActivityBookFR.pdf
Crédit photo : Flickr/joeysplanting
[1] http://www.cyberpresse.ca/international/etats-unis/maree-noire-aux-etats-unis/?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_175ba3articleIsInDossier_ba3_4277250_article_POS1
[2] http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2010/04/29/AR2010042901106.html
[3] http://news.nationalgeographic.com/news/2009/03/090323-exxon-anniversary.html
[4] http://www.ngoilgas.com/news/worlds-largest-oil-spills/
[5] http://www.ens-newswire.com/ens/mar2009/2009-03-24-01.asp
[6] http://www.sfgate.com/cgi-bin/article.cgi?f=/c/a/2009/03/23/EDLU16LLAK.DTL
[7] http://en.wikipedia.org/wiki/Petroleum_production_in_Canada
[8] http://www.ctv.ca/generic/generated/static/business/article1557095.html
