Vous êtes emballés par le projet de la Ville de Montréal de récupérer les déchets organiques pour en faire du compost mais vous ne voulez pas attendre à 2012 pour vous y mettre? Aucun problème! Il est possible de faire son propre compost. Et si vous avez l’avantage d’avoir une cour et de jardiner un peu, vous n’aurez probablement pas besoin du service de la Ville pour vous en débarrasser. Le compost vous fournira une terre riche et fertile, parfaite pour le potager.
Le fait de composter pourrait réduire votre production de déchets du tiers, évitant ainsi l’enfouissement de déchets organiques qui émettront des GES en se décomposant. Le site de la ville de Montréal affirme même que les matières organiques composées de résidus alimentaires, de fibres souillées et de résidus verts représentaient environ la moitié du sac à ordures des Montréalais en 2008[1].
Selon compostmontreal.com, malgré les programmes de recyclage et de compostage des gouvernements, qui réussissent à sauver 29% des déchets solides de l’enfouissement, 71% sont toujours jetés au dépotoir ou encore brûlés[2]. Ces deux dernières options émettent certains des principaux gaz à effet de serre qui sont responsables des changements climatiques. Alors, qu’attendons-nous pour composter?
Mais d’abord, c’est quoi, exactement, du compost?
Le compostage est un procédé naturel qui transforme la matière organique en un produit ressemblant à de la terre appelé humus ou compost. La matière organique est décomposée par des micro-organismes tels que les bactéries et les champignons qui la transforment en éléments simples dont s’alimentent les végétaux. Ces micro-organismes ont besoin d’eau et d’air et non seulement de matières organiques.[3]
Mon premier compost – une méthode
-Procurez-vous un bac à compost à la quincaillerie, de la taille nécessaire, selon vos besoins (une bonne dimension : un mètre carré). Vous pouvez aussi en fabriquer un en bois, si vous êtes manuel. Le bac idéal est sans fond, posé directement sur le sol, pour permettre aux micro-organismes présents dans le sol d’y avoir accès.
-Le bac doit être partiellement à l’ombre, et idéalement, situé près de gros arbres.
-Le succès du compost est de conserver un équilibre entre les matières humides et les matières sèches. Il faut les placer en alternance dans le tas.
Matériaux humides, riches en azote « les verts »:
- résidus de plantes, mauvaises herbes, fleurs coupées et feuilles vertes
- déchets de nourriture, restes de fruits et de légumes
- sachets de thé, marc de café et coquilles d’œufs
- gazon coupé et cendre de bois (en petite quantité)
- fumier (d’herbivores seulement)
Matières sèches, riches en carbone « les bruns »:
- feuilles mortes, foin sec, paille et herbe coupée, brindilles, plantes mortes sèches
- papier mouchoir, papier journal et sciure de bois (en petite quantité)
Évitez :
- gras (huile, mayonnaise, etc.)
- viande, poisson, os et produits laitiers
- litière d’animaux domestiques
- gazon traité chimiquement et mauvaises herbes en graines
- morceaux de bois calcinés et cendre de briquettes
- les plantes malades qui risqueraient de contaminer le compost
-Déposez par couches successives et minces (le concept du compost en étages, ou lasagne de compost) les matériaux à votre portée, soit, une couche de « bruns » à la base, suivi d’une couche de « verts » et d’une fine couche de compost ou de terre du jardin. Veillez à bien humidifier et répétez. Certaines personnes suggèrent un ratio de deux parties de « bruns » pour une de « verts », mais l’important est de garder une humidité adéquate et de corriger selon les déchets que vous avez sous la main.
-Veillez à retourner votre compost au moins quelques fois par mois. Il doit être légèrement humide en permanence. Un signe que le compost est bien pris est qu’il dégage de la chaleur, mais il ne devrait pas sentir (il est trop humide dans ce cas, ajoutez des déchets « bruns » ou de la terre).
-Gardez toujours le compost couvert, coupez les éléments en petits morceaux pour favoriser une décomposition plus rapide. Pour accélérer le processus, vous pouvez garder les déchets de table dans un contenant de plastique fermé pendant quelques jours avant de les ajouter au compost.
Pour les paresseux ou ceux qui vivent en appartement, le service Compost Montréal offre de recueillir les déchets compostables chez vous pour un prix dérisoire. Le service vous aide à faire votre part en attendant le service municipal. http://www.compostmontreal.com/
Et pour les purs et durs qui voudraient tenter le compostage à l’intérieur, il existe une méthode inodore et très efficace, mais un peu complexe : le vermicompostage. On fait appel à des lombrics (verres de terre) pour décomposer les substances organiques en un humus très riche. L’avantage : pas besoin de se rendre à son bac de compost l’hiver!
Le site web http://www.pousse-menu.com/ propose une méthode assez détaillée si vous voulez vous attaquer à un nouveau défi.
Voici aussi une vidéo (en anglais) expliquant de façon simple comment mettre sur pied son propre bac à vermicompost en quelques étapes.
Crédit photo : Flickr/SuperFantastic
[1] http://ville.montreal.qc.ca/portal/page?_pageid=916,1607702&_dad=portal&_schema=PORTAL
[2] http://www.compostmontreal.com/compost_pourquoi1
[3] http://www.eco-quartier.ca/compostage.htm
