Le vendredi 18 décembre dernier prenaient fin les négociations chaotiques entre les grands dirigeants et acteurs écologiques de la planète. « L’entente » finale issue de ces remous devait constituer le tant attendu, Accord de Copenhague.
En vrai, cette conférence aura permis une chose, nous rappeler qu’on a encore des croutes à manger pour rétablir l’équilibre climatique de la planète. Tous s’entendent pour dire qu’il est difficile d’accepter que les représentants politiques de 193 pays, qui se seront déplacées pour signer un accord politique, en arrivent à un constat aussi « réducteur », reflétant vraiment la sous-évaluation de l’ampleur de la situation.
La majorité des quotidiens qui ont couvert la conférence s’entendent sur une question : Y aurait-il eu un manque de volonté politique de la part de ces chefs?
Globalement, un objectif principal ressort de ces rencontres qui auront duré deux semaines : limiter la hausse du réchauffement climatique à 2 degrés pour l’ensemble de la planète. Bilan plutôt minimal, qui déçoit la majorité de la communauté écologique d’ici.
Comme l’explique Mélissa Fillion, directrice intérimaire de Greenpeace Québec, «il aurait été difficile d’imaginer pire conclusion pour le sommet des Nations Unies. Même s’il est intéressant que des pays qui n’ont pas signé Kyoto, comme les États-Unis, participent au dialogue, il est très clair que cette entente est une coquille vide». Cette dernière, tout comme Sidney Ribaux, coordonnateur général du groupe Équiterre, affirme qu’il est insensé de laisser la situation voguer ainsi vers la dérive – jusqu’à la prochaine rencontre prévue, c’est-à-dire dans 12 mois à Mexico, pour traiter d’objectifs clairs. Sans pousser les chefs à prendre davantage position et à adopter plusieurs plans d’action concrets, la rencontre à Mexico pourra s’avérer encore une fois infructueuse. Rappelons que le Sommet était doté à priori de trois objectifs principaux pour lesquels aucune solution claire n’a été établie. (Voir article précédent sur le Sommet de Copenhague).
Injecter 30 milliards de dollars dans l’économie des pays en développement fût « la » mesure déterminée en vue de l’atteinte de l’objectif de limiter la hausse de 2 degrés.
Toutefois, il est important de retenir que jamais la mobilisation n’aura été aussi grande que dans les mois précédent ce sommet. Comme l’affirme le climatologue français Hervé Le Treut : «Le risque, désormais, c’est le coup de blues post-Copenhague, la démobilisation, l’effilochement des opinions publiques».
Pour ma part, je reste plutôt perplexe. Aucun dirigeant ne semble s’être entendu sur un échéancier ou sur le niveau d’émissions de gaz à effet de serre à réduire, comme il était prévu au début de ce sommet. N’oubliez pas que l’aiguille du cadran continue de tourner! Nous sommes à trois ans de la fin de Kyoto…
De plus, fait étonnant (ou décourageant, c’est selon), c’est que tous les pays présents, excepté le Canada, ont reconnu que cette première entente n’était pas satisfaisante. Les États-Unis, l’Union européenne, la Chine et le groupe des 77 sont tous d’accord sur ce point. Ainsi, cela laisse envisager que malgré les bonnes volontés des leaders actuels, la route peut être encore bien longue en vue de s’entendre sur un objectif concret ou une « satisfaction » unanime à Mexico, dans 12 mois.
Comment réagissez-vous à ces propos? Que pensez-vous de l’entente finale du Sommet de Copenhague?
http://www.equiterre.info/site/copenhague/
http://www.ledevoir.com/environnement/climat/279360/ca-chauffe-a-copenhague
http://www.copenhague-2009.com/