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Les changements climatiques au Québec, comment vont-ils nous affecter, concrètement ?

Mercredi, juin 23rd, 2010


Le consortium Ouranos, un organisme basé au Québec et regroupant de près de 250 scientifiques a publié le rapport « Savoir s’adapter aux changements climatiques[1] » au début du mois de juin dernier. Les publications de ce type de rapport, depuis 2004, aident le Québec à se faire un portrait concret de la situation du réchauffement climatique et des conséquences qui y seront liées sur son propre territoire, plutôt que d’aller chercher l’information ailleurs et de l’adapter. Le rapport 2010 émet quelques conclusions intéressantes en ce qui concerne les conséquences des changements climatiques au Québec, dans un futur pas si lointain. Certaines observations sont même étonnantes. Ce rapport est un avant goût de l’avenir et il nous fait réaliser que le climat influence pratiquement toutes les sphères de la vie, de l’activité économique à la santé.

Des impacts négatifs… et positifs ?

D’entrée de jeu, le rapport émet une hypothèse intéressante : les premières manifestations des changements climatiques auront des impacts à la fois positifs et négatifs. Par contre, il ne faut pas se réjouir des changements qui nous semblent positifs trop rapidement. Plus on s’éloigne dans le temps, plus les concentrations de GES augmentent et plus les impacts sont importants. Les impacts qui pouvaient sembler positifs de prime abord deviendront négatifs à long terme.

Le rapport regroupe les impacts en quatre catégories : l’environnement bâti, les activités économiques, les populations humaines et les systèmes naturels. Alors en exemples concrets, ça donne quoi?

Les transports

Le Québec est un vaste territoire dont la population est dispersée. Les transports jouent un rôle prépondérant dans notre économie. Les changements des moyennes de température et des précipitations affecteront l’usage des moyens de transport et les infrastructures. Par exemple, une hausse du phénomène de gel et dégel menace d’affecter les chaussées de façon plus marquée. Bref, malgré des hivers plus doux, le phénomène des nids de poule ne risque pas de s’atténuer. Par ailleurs, on s’attend à une hausse de l’intensité des précipitations, ce qui pourrait provoquer plus de glissements de terrains et une hausse des conditions de conduite difficiles. Une baisse du niveau du fleuve pourrait affecter le transport de marchandises et toute l’économie en découlant.

Le tourisme et les loisirs

Le climat est un facteur déterminant des activités touristiques, sportives et de plein air, soit directement (soleil, beau temps, neige et glace), soit indirectement (paysages et végétation). Parmi les activités touristiques, seules les industries du ski et du golf ont fait l’objet d’études à ce jour et le ski est l’industrie qui a été la mieux analysée. Par contre, il est encore trop tôt pour tirer des conclusions quant à cette industrie. Même si une hausse de la température peut signifier moins de précipitations de neige, un temps plus doux favorise une affluence accrue. Néanmoins, la hausse du besoin en neige artificielle entrainera certainement des coûts pour les stations.

Il y a du positif et du négatif pour le golf aussi : la saison pourrait être prolongée de deux à trois semaines, mais on estime que les journées défavorables – canicules et jours de pluie – vont augmenter.

Les impacts négatifs sur le tourisme proviennent de l’accroissement des précipitations, des canicules et de la dégradation des cours d’eau (prolifération des cyanobactéries). La pêche sera perturbée parce que les poissons sont sensibles aux variations de température. Par contre, grâce à son climat tempéré, le Québec devrait être favorisé par rapport aux régions situées plus au sud.

La santé

Les changements climatiques auront un impact sur la santé humaine. Alors que 80,4 % de la population Québécois est urbaine, on craint une hausse des vagues de chaleur et des ilots thermiques urbains qui pourraient contribuer à réduire l’effet de certains médicaments compromis par la déshydratation. Les personnes âgées seront d’ailleurs plus durement touchées. On peut aussi prévoir une hausse de la pollution atmosphérique, des feux de forêt ou de friche, des pollens, de l’ozone et des particules en suspension qui causent allergies et problèmes respiratoires. On s’attend à une hausse des décès prématurés liés à la pollution. On prévoit aussi que les températures estivales plus chaudes encourageront la population à vivre davantage à l’extérieur, ce qui entrainerait une augmentation de l’exposition aux UV et des cancers de la peau de l’ordre de 20 % par rapport aux niveaux actuels.

Économie

Bien évidemment, tous les changements mentionnés ci-haut auront un impact sur l’économie. Certaines industries devraient s’en sortir mieux que d’autres. On prévoit qu’Hydro-Québec  devrait bien s’en tirer : les réserves hydroélectriques se rempliront plus facilement parce que le débit des rivières augmentera dans le Nord. La société risque même d’avoir des surplus d’électricité. La demande en électricité diminuera l’hiver parce que les températures seront plus douces, mais elle augmentera l’été, à cause de la hausse des besoins en air climatisé. Annuellement, par contre, la consommation d’électricité risque de baisser.

S’adapter pour atténuer les effets des changements climatiques

Les humains ont l’avantage d’avoir une surprenante capacité d’adaptation et de pouvoir vivre dans toutes les conditions ou presque. Les adaptations que nous devront effectuer par rapport aux changements climatiques ne se feront pas sans difficulté et devront être planifiées longtemps à l’avance. Le Québec a heureusement la chance d’avoir une économie diversifiée et de nombreuses institutions de recherche, ce qui devrait faciliter la transition vers le monde de demain. Le rapport Ouranos nous rappelle pourtant qu’en parallèle à l’adaptation que nous devrons effectuer, nous devons aussi trouver des solutions pour freiner les émissions de gaz à effet de serre. Nous avons beau avoir une capacité d’adaptation étonnante, nous avons une limite et la planète aussi.

crédit photo : Flickr/www.D2K6.es


[1] http://www.ouranos.ca/fr/pdf/sscc_29_04_br.pdf


Manger végé : pas si bête finalement…

Lundi, février 22nd, 2010

La viande fait partie intégrante de notre alimentation. On estime qu’un américain consomme en moyenne 124 kg de viande par année, comparativement à 4 kg en Inde.[1] On peut même aller jusqu’à dire que le végétarisme n’a pas excellente réputation, spécialement l’hiver, saison des repas copieux et consistants. En fait, les impacts de la viande sur l’environnement sont méconnus de la population québécoise. Très peu de citoyens associent le fait de manger végétarien à la lutte contre les changements climatiques ou encore à la protection de l’eau potable et des forêts. Et pourtant…

Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), la filière de l’élevage émet plus de gaz à effet de serre (GES) que le secteur des transports.[2] Éliminer quatre repas de viande par semaine réduit deux fois plus votre impact sur les changements climatiques que de baisser le chauffage de 3C la nuit, et 35 fois plus que de laver à l’eau froide! [3] On estime qu’une alimentation végétarienne requiert 5000 litres d’eau par jour, alors que des repas à base de viande en consomment plus de 15 000 litres. A titre de comparaison, en se privant de 450 grammes de bœuf, on économise plus d’eau qu’en se privant de douche pendant 6 mois ! [4] Autre problématique majeure : la déforestation causée par le manque d’espace dédiée à l’élevage. Selon David Faimowitz, Directeur du Centre international pour la recherche forestière, « les éleveurs transforment les forêts de l’Amazonie en viande hachée ».[5]

La croissance démographique et l’augmentation de la consommation de viande des pays émergeants – la Chine a plus que doublé sa consommation de viande en 20 ans- ne peuvent qu’aggraver pressions sur nos ressources naturelles limitées….

Cela ne veut pas dire que tous doivent mettre une croix définitive sur la viande, mais plutôt d’être conscient et ainsi d’en limiter sa consommation. Plusieurs alternatives goûteuses et très économiques existent pour varier vos repas. Vous manquez d’inspiration pour cuisiner de bons petits plats végétariens simples, peu coûteux, équilibrés et ô combien délicieux? Voici quelques suggestions :

○   Végé sur le pouce, de Marie-Claude Morin. Collection Modus Vivendi.

○    http://www.recettes-vegetariennes.com/frameset%20sommaire.htm

○   http://www.recettes.qc.ca/sections/vege.php

○   http://recettes-vegetariennes.blogspot.com/

http://www.cuisine-vegetarienne.com/

Crédit photo : Denzil – http://www.flickr.com/photos/lomoholga/


[1] http://www.vegetarisme.info/spip.php?article1592

[2] http://www.vedura.fr/economie/agriculture/impact-elevage-bovins-environnement

[3] Cyberpresse, 11 mars 2009: http://www.cyberpresse.ca/environnement/200903/11/01-835272-laver-a-leau-froide-ou-manger-moins-de-viande.php

[4] John Robbins: The Food Revolution – How your diet can help save your life and the world. Tire de: http://www.mangez-vegetarien.com/environnement.html

[5] Le Point, 22 juin 2006 : Élevages : une catastrophe écologique. Tiré de http://www.mangez-vegetarien.com/environnement.html


Clé USB : cadeau écolo?

Lundi, février 15th, 2010

usb

Au Québec et ailleurs, de plus en plus d’organisateurs de colloques, de congrès et de conférences de presse offrent des clés USB pour remplacer le traditionnel cahier de participants. Présenté comme une mesure écoresponsable permettant l’économie de papier, ce choix a pourtant son lot d’impacts négatifs sur l’environnement.

Les organisateurs d’événements écoresponsables sont souvent à court d’idées lorsque vient le temps de trouver un cadeau écolo pour leurs participants. Plusieurs d’entre eux ont perçu l’offre de clé USB comme la solution parfaite : un cadeau vert qui leur permet d’atteindre un de leur principal objectif écoresponsable, soit la réduction du papier. Même les Grenelle de l’environnement 2007, l’événement numéro 1 en France dans le domaine de l’environnement, a opté pour cette solution.

Au rythme actuel, le don de clés USB deviendra sans doute aussi populaire que l’offre de sacs réutilisables d’ici un an ou deux. Cela signifie-t-il que je me retrouverai bientôt avec une dizaine de clés USB dans le fond d’un tiroir? Probablement. Vais-je m’en servir? Sans doute pas, puisque, comme la majorité de journalistes et des participants de congrès, j’en possède déjà une ou deux qui est de meilleure qualité.

Qu’adviendra-t-il alors? Poubelle. En fait, seulement 6 % des déchets électroniques sont recyclés au Québec.[1] Impact? Comme l’explique Fabrice Fliop, co-auteur de l’ouvrage Écologie des infrastructures numériques, « l’impact environnemental des TIC (technologies de l’information et de la communication) reste largement ignoré.»[2]

Pourtant, cet impact n’est pas négligeable. Selon le Gartner Group, les technologies de l’information génèrent autant de gaz à effet de serre que l’ensemble de la flotte aérienne mondiale.[3] En 2003, on a estimé que la quantité de déchets électroniques générés au Canada chaque année est équivalente au poids de 28 000 éléphants. En plus de gaspiller un lot de métaux précieux, dont 1500 tonnes de cuivres, ces déchets contiennent des substances dangereuses pour la santé humaine et l’environnement, dont 4 750 tonnes de plomb qui peut occasionner des problèmes neurologiques.[4]

Pourquoi ne pas mettre les documents voulus sur le site Internet de l’événement? Ou encore les faire parvenir par courriel aux participants? Voilà des solutions tout aussi efficaces qui permettent d’économiser de l’argent, de réduire l’impact sur l’environnement et la société… bref, des solutions durables!

Crédit photo : Sergis Blog

http://www.flickr.com/photos/srgblog/


[1] Ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs : http://www.mddep.gouv.qc.ca/jeunesse/sais_tu_que/2008/07-dechets-electroniques.htm

[2] JND Solutions : http://www.journaldunet.com/solutions/acteurs/analyses/08/0212-deee.shtml

[3] Recyc-Québec: http://www.recyc-quebec.gouv.qc.ca/Upload/Publications/Fiche-tic.pdf

[4] Environnement Canada: http://www.ec.gc.ca/EnviroZine/french/issues/33/feature1_f.cfm



Montréal, ville verte?

Mercredi, février 10th, 2010

Le magazine canadien Corporate Knights publiait ce mois-ci son palmarès des villes canadiennes les plus avancées en matière de développement durable au Canada.[1] Montréal s’y classe quinzième (!) derrière Toronto, Edmonton, Calgary, Ottawa, Winnipeg, Québec et plusieurs autres. Vancouver est pour sa part, la grande gagnante du palmarès.

Corporate Knights a mesuré les villes selon cinq paramètres :

-l’intégrité écologique : la protection des écosystèmes

-la sécurité économique : l’économie locale est favorisée

-les infrastructures : la ville est conçue pour l’humain

-la gouvernance participative (traduction libre de gouvernance and empowerment) : la ville est administrée pour le bien collectif et avec transparence

-la qualité de vie : l’esprit de communauté est bien développé

La méthodologie de Corporate Knights est simple : elle a jugé les villes selon plusieurs critères répartis sous les cinq catégories. Elle ensuite envoyé un sondage aux administrateurs municipaux sur les programmes mis en place en 2009, pour s’assurer de bien juger les villes sur l’année en cours.

Montréal a surtout perdu des points pour la sécurité économique et  l’intégrité écologique (mais elle score sous la moyenne dans toutes les catégories, sauf dans celle de la qualité de vie). Il est un peu étonnant de voir qu’elle se classe mieux dans la catégorie de la gouvernance que dans les deux autres. Peut-être que le scandale de la construction n’avait pas encore éclaté lors de l’évaluation du magazine.

Il n’y a malheureusement pas beaucoup d’informations sur ce que les autres villes font, concrètement, mieux que Montréal. Corporate Knights avait fait paraitre un dossier complet l’an passé, il sera peut-être publié ultérieurement pour le classement 2010. Nous vous tiendrons au courant. Il semble toutefois que notre ville aime s’entourer d’une aura avant-gardiste en matière de développement durable mais ne semble pas livrer la marchandise.

Les politiques de développement durable de la Ville de Montréal

Pourtant, le maire Tremblay dévoilait en grande pompe la deuxième phase (2007 à 2009) de son premier plan de développement durable, en mars 2007. Les 36 actions visant à faire de Montréal une ville durable couvraient  quatre secteurs, soit l’amélioration de la qualité de l’air et la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), l’amélioration des milieux de vie résidentiels, la gestion durable des ressources et l’adoption de bonnes pratiques de développement durable.

En fait, la volonté de se doter d’un premier plan stratégique en matière de développement durable est issue du Sommet de Montréal tenu en juin 2002. La Ville, en partenariat avec divers acteurs municipaux,  a adopté le premier plan de développement durable qui s’est échelonné sur cinq ans depuis avril 2005. Ce premier plan s’est divisé en deux phases : 2005-2007 et 2007-2009. Confus? C’est normal, les documents officiels de la Ville de Montréal  le sont tout autant. Allez jeter un coup d’œil au Premier plan stratégique de développement durable de la collectivité montréalaise Phase 2007-2009 : http://ville.montreal.qc.ca/pls/portal/docs/page/dev_durable_fr/media/documents/PSDD_2007-2009F.pdf

J’ai réussi à trouver un tableau récapitulatif des quatre secteurs découpés en actions concrètes, dont des actions vedettes, celles sur lesquelles la Ville désirait insister le plus : http://ville.montreal.qc.ca/pls/portal/docs/page/dev_durable_fr/media/documents/Plan_2007-2009_En_bref.pdf

Il est malheureusement très difficile de trouver de l’information sur les résultats de ce plan d’action, qui contient plusieurs bonnes idées, mais qui ne présente pas de méthode pour quantifier de façon concrète les améliorations apportées.

Le bilan du premier plan de développement durable selon les dirigeants municipaux

Interviewé par Claude Lafleur pour Le Devoir[2] en novembre, Alan de Souza, maire de l’arrondissement de Saint-Laurent et responsable du développement durable et du développement économique à la Ville de Montréal, affirme que le bilan de ces cinq dernières années est positif même si du chemin reste à faire. Il cite en exemple les services d’incendie, de police et de transport en commun qui se sont dotés d’un plan de développement durable. Il est également fier du programme de certification verte qui s’applique à tous les nouveaux édifices bâtis à Montréal.

Le deuxième plan de développement durable de la Ville de Montréal entre en vigueur en 2010. En fait, ce plan se veut une continuité du premier, mais il intégrera des enjeux économiques et sociaux. La Ville n’a pas encore diffusé de communiqué détaillant le projet. À suivre…

Dommage

Plus de paroles que d’action, à l’Hôtel de Ville? Les dirigeants pourraient puiser un peu d’inspiration de villes carboneutres comme Seattle, qui reçoit beaucoup de presse favorable ces temps-ci[3]. Des exemples de son avant-gardisme : les transports en commun y sont gratuits au centre-ville et toute sa flotte d’autobus est hybride.

Par ailleurs, un projet de société se construit à plusieurs et le succès de Seattle est attribuable à la fois aux initiatives de ses citoyens et à sa gestion intelligente. Et si une partie de la responsabilité de faire de Montréal une leader en matière de développement durable nous revenait à tous?


[1] http://www.corporateknights.ca/special-reports/64-most-sustainable-cities-in-canada/526-2010-sustainable-cities-ranking.html

[2] http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/272021/montreal-le-developpement-durable-est-l-affaire-de-tous

[3] http://www.cyberpresse.ca/environnement/201002/05/01-946996-seattle-le-secret-dune-ville-verte.php



Vertes et farfelues?

Mercredi, février 3rd, 2010

Des idées moins bêtes qu’on pourrait penser pour aider la planète


L'Ecopod, un cerceuil au design élégant, est fait de papier recyclé
L’Ecopod, un cercueil au design élégant, est fait de papier recyclé

Tous les visionnaires ont été considérés comme fous par leurs contemporains. Pensez à Copernic et à Galilée qui furent vivement critiqués pour avoir affirmé que la Terre n’était pas au centre de l’univers, ou à Vincent Van Gogh, trop en avance sur son temps pour qu’on comprenne son art. Le monde du développement durable ne fait pas exception. Les progrès effectués en matière de protection de l’environnement sont étonnants considérant qu’il y a à peine vingt ans, le recyclage était une pratique marginale. Nous avons besoin de visionnaires farfelus pour faire avancer les choses.

L’étude très sérieuse d’un chercheur australien parue l’année passée avait bien fait rigoler la planète. En effet, Ross Garnaut affirmait que de manger de la viande de kangourou était moins nocif que de manger de la viande de bœuf : l’estomac des kangourous contient une enzyme qui leur est propre, ce qui fait qu’ils émettent beaucoup moins de gaz nocifs que les bœufs[1]. Pourtant, encore aujourd’hui, plusieurs écologistes sont concernés par le problème des émissions de gaz à effet de serre du bétail : les flatulences de nos élevages émettent à elles seules plus de GES que tous les transports réunis[2]. Pas si fou que ça, Ross Garnaut!

Je suis donc partie à la recherche d’inventions farfelues qui pourraient bien changer notre monde. Certaines sont rigolotes et d’autres sont franchement ingénieuses. Voici un horizon de ce qui pourrait bien faire partie de notre quotidien d’ici quelques années.

Des navets musicaux pour repaver les routes

Je suis tombée là-dessus par hasard : il y a deux ans, EMI a envoyé plus d’un million de copies invendues du CD Rudebox de Robbie Williams en Chine pour repaver des routes[3]. Quelle belle initiative! À quand la réparation des nids de poule de Montréal à l’aide nos vieux albums irrécupérables?

Des ponts faits de gobelets de polystyrène

Au New Jersey, un pont long de 56 pieds, si solide que des voitures y roulent, a été construit entièrement de plastique recyclé[4]. On estime qu’il contient 100 000 tasses à café en polystyrène et 80 000 bouteilles d’eau en plastique. Il a remplacé un pont de bois qui était devenu désuet. En plus d’être écologique, un pont de plastique est économique : 75 000$ pour le pont en plastique du New Jersey versus 350 000$ pour son équivalent en bois.

Une mort « eco-friendly »

Vous pouvez maintenant planifier votre enterrement vert grâce à l’Ecopod. La compagnie britannique ARKA Ecopod fabrique des cercueils et des urnes biodégradables en papier journal recyclé. Leurs designs sont très élégants. À considérer sérieusement[5].

Un bateau qui carbure au gras humain

L’éco-bateau Earthrace, conçu pour conscientiser les gens aux problèmes océaniques et à la cause des biocarburants, fonctionne entièrement au biodiesel et a une empreinte écologique neutre[6]. Son capitaine, le skipper Pete Bethune, a même fait rouler les moteurs de l’Earthrace grâce à son propre gras, issu d’une liposuccion. Comme quoi les carburants renouvelables sont plus facilement accessibles qu’on pourrait croire.

Des routes blanches

Je lisais récemment sur le blogue du magazine GOOD, la proposition d’un astronome reconnu de rendre nos routes blanches afin qu’elles absorbent moins de chaleur[7]. En effet, si les routes étaient blanches, la lumière qu’elles réfléchissent doublerait, réduisant par trois le réchauffement atmosphérique qu’elles produisent.

Zéro emballage

Le magasin écologique Unpackaged de Londres commercialise un concept si simple qu’on se demande pourquoi il n’est pas plus répandu. Tous les produits trouvés en tablette sont vendus au vrac, et les consommateurs doivent apporter leurs propres contenants[8]. Il fallait y penser!

Des tomates sur le toit

Cityscape, un concept californien, propose de ramener l’agriculture plus près de notre assiette[9]. Si près en fait, qu’elle pourrait être sur notre toit. La compagnie élabore des projets de culture en serres hydroponiques situées sur des toits où sur des lots vacants au beau milieu de la ville. C’est un retour moderne à une agriculture de petite échelle.

Des documents confidentiels détruits pour de bon

Pour terminer, voici un concept rigolo, mais ayant besoin de révision : une déchiqueteuse à papier qui transforme vos documents confidentiels en papier de toilette[10]. Le seul hic : elle coûte 100 000$. Mais on n’en est qu’au stade de prototype…

Ma prédiction : quelques unes de ces inventions pas si farfelues feront partie de notre vie dans un avenir rapproché… et c’est tant mieux! Avez-vous eu vent de nouvelles inventions écologiques et ingénieuses? Partagez-les avec nous.


[1] http://www.cyberpresse.ca/environnement/200901/05/01-814778-manger-du-chameau-et-du-kangourou-pour-sauver-la-planete.php

[2] http://www.developpementdurable.com/mots-clefs/betail/

[3] http://www.contactmusic.com/news.nsf/story/rudebox-to-pave-chinese-roads_1056430

[4] http://findarticles.com/p/articles/mi_qa3797/is_200403/ai_n9371019/

[5] http://www.ecopod.co.uk/

[6] http://www.earthrace.net/

[7] http://www.good.is/post/fighting-global-warming-with-pavement/

[8] http://beunpackaged.com/about/

[9] http://www.cityscapefarms.com/

[10] http://ow.ly/12Zlh



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Changements climatiques
Conscience sociale
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Sommet de Copenhague
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