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Le rôle du méthane dans l’équation

Vendredi, avril 16th, 2010


Des bulles de méthane emprisonnées dans la glace d’un lac gelé 

Dans le discours environnemental, on entend beaucoup parler du vilain gaz carbonique (CO2), et de son rôle dans le réchauffement de la planète. Le CO2 est devenu l’anti vedette, l’ennemi à combattre. Pourtant, les gaz à effet de serre sont constitués de plusieurs composés, dont le protoxyde d’azote, l’oxygène, la vapeur d’eau et le méthane. Un article sur la contribution du méthane océanique à l’effet de serre paru dans Le Journal de Montréal dimanche passé[1] m’a fait réaliser que je connaissais très peu de choses au sujet de ce gaz, un joueur pourtant très important dans la problématique de l’effet de serre. Voici les quelques trouvailles que j’ai fait à son sujet.

On entend moins parler du méthane et des autres composés des gaz à effet de serre parce qu’ils sont causés dans une moins grande proportion que le C02 par l’activité humaine. Les efforts de réduction d’émissions ne sont donc pas dirigés vers le méthane en priorité, mais vers le gaz carbonique, qui reçoit donc plus de publicité. Pourtant, on estime que sur une période de 100 ans, l’effet d’une tonne de méthane équivaut à l’effet de 21 tonnes de CO2 dans l’atmosphère.[2][3]

Les principales causes d’émissions de méthane[4] :

Causes naturelles :

-Milieux humides : Les bactéries et les végétaux en décomposition présents dans les marécages et autres milieux humides stagnants produisent une fermentation qui libère du méthane dans l’atmosphère. Une hausse de la température a un effet considérable sur les émissions, parce qu’elle accélère le processus.

-La biomasse : La décomposition naturelle des végétaux cause des émissions de méthane (lors de leur oxydation incomplète).

-Sédiments et océans : Du méthane sous pression est contenu en grandes quantités dans des hydrates (clathrates) présents dans les pergélisols de la toundra et des fonds océaniques. Les hydrates sont des molécules d’eau gelée formant des cages qui emprisonnent le méthane. En fondant, les molécules de glace laissent s’échapper le méthane gazeux. D’où son surnom de « glace qui brûle ». Le problème ici c’est que des fuites importantes attribuées au réchauffement des océans ont été enregistrées et qu’elles risquent de se répéter de façon marquée. Le méthane d’origine naturelle est donc relâché dans l’atmosphère en partie à cause de l’activité humaine[5].

À travers le monde, de plus en plus de sources de méthane sous-marines sont découvertes. Le Journal de Montréal cite une étude de l’Université de San Diego sur le golfe du Mexique[6]. On y aurait découvert plusieurs « cheminées de méthane » dont l’effet sur le réchauffement climatique est à considérer sérieusement.

Causes artificielles :

-Milieux humides : Le phénomène de fermentation présent naturellement dans les marécages est retrouvé dans les rizières et les barrages hydroélectriques. Ces milieux humides créés par l’homme reproduisent les mêmes conditions propices à l’émission de méthane que les marécages. Les bactéries méthanogènes sont friandes des milieux stagnants sans oxygène.

-Énergies fossiles : Le gaz naturel est composé à 90 % de méthane. Des fuites de méthanes se produisent lors de son extraction, de son transport et de sa consommation.

-Élevage des ruminants : La digestion des bovidés émet d’importantes quantités de méthane dans l’atmosphère, spécialement quand ils sont nourris de protéagineux (soya). On estime que les flatulences des ruminants sont responsables de 16 % des émissions totales de méthane mondialement. Manger végé, pas si bête finalement…[7]

-Déchets humains : Les dépotoirs et les sites d’enfouissement sont une source non négligeable d’émissions de méthane.

Pour éviter les émissions artificielles de méthane

On peut réduire sa consommation de viande, de lait et de riz, pratiquer le tri des déchets (incluant le compost), faire des pressions sur les dirigeants municipaux pour que le méthane émis par les sites d’enfouissement soit récupéré[8][9].

Espoir?

Le méthane peut être considéré à la fois comme un ennemi terrible et comme un allié. En effet, s’il est brûlé avant de s’échapper dans l’atmosphère sous forme gazeuse, le méthane devient une source d’énergie propre. Plusieurs pays, dont le Japon, l’Allemagne, les États-Unis et le Brésil, se sont lancés dans la course à l’exploitation du méthane sous-terrain et sous-marin[10].  Les derniers prototypes élaborés consistent à faire passer le méthane de la phase solide à la phase gazeuse en injectant du CO2 directement dans le sol sous marin[11]. Le méthane gazeux est ensuite récupéré pour être utilisé comme combustible, ce qui a un effet minime sur l’effet de serre (encore moins qu’en brûlant du gaz naturel).

Le problème du méthane océanique demeure néanmoins préoccupant. Les développements technologiques seront à suivre avec intérêt.

Fait cocasse


Une théorie attribue la cause du mystère du triangle des Bermudes au méthane[12]. En effet, selon cette théorie, un puis de méthane serait situé directement sous le fameux triangle. Des fuites de gaz soudaines et importantes causeraient la formation de grandes quantités de bulles à la surface de l’eau, ce qui changerait sa densité et son pouvoir de flottaison. Les bateaux malchanceux passant par là couleraient donc directement à pic.

Crédit photo : Flickr/Garron Nicholls


[1] « Le méthane et l’effet de serre » (2010). Journal de Montréal, 11avril, p. 13.

[2] http://unfccc.int/ghg_data/items/3825.php

[3] http://www.goodplanet.info/goodplanet/index.php/fre/Contenu/Points-de-vues/Le-methane-probleme-majeur-et-solution-pratique-pour-le-climat/%28theme%29/1947

[4] http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9thane

[5] http://www.ledevoir.com/environnement/259968/methane-contre-carbone

[6] « Le méthane et l’effet de serre » (2010). Journal de Montréal, 11avril, p. 13.

[7] http://www.zeroco2.com/blog/2010/02/22/314/

[8] http://www.ecolodujour.com/article-17395082.html

[9] http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9thane

[10] http://fr.wikipedia.org/wiki/Hydrates_de_m%C3%A9thane

[11] [11] « Le méthane et l’effet de serre » (2010). Journal de Montréal, 11avril, p. 13.

[12] http://www.triangle-bermudes.com/theories-gaz-flatulences-oceaniques.html


Manger végé : pas si bête finalement…

Lundi, février 22nd, 2010

La viande fait partie intégrante de notre alimentation. On estime qu’un américain consomme en moyenne 124 kg de viande par année, comparativement à 4 kg en Inde.[1] On peut même aller jusqu’à dire que le végétarisme n’a pas excellente réputation, spécialement l’hiver, saison des repas copieux et consistants. En fait, les impacts de la viande sur l’environnement sont méconnus de la population québécoise. Très peu de citoyens associent le fait de manger végétarien à la lutte contre les changements climatiques ou encore à la protection de l’eau potable et des forêts. Et pourtant…

Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), la filière de l’élevage émet plus de gaz à effet de serre (GES) que le secteur des transports.[2] Éliminer quatre repas de viande par semaine réduit deux fois plus votre impact sur les changements climatiques que de baisser le chauffage de 3C la nuit, et 35 fois plus que de laver à l’eau froide! [3] On estime qu’une alimentation végétarienne requiert 5000 litres d’eau par jour, alors que des repas à base de viande en consomment plus de 15 000 litres. A titre de comparaison, en se privant de 450 grammes de bœuf, on économise plus d’eau qu’en se privant de douche pendant 6 mois ! [4] Autre problématique majeure : la déforestation causée par le manque d’espace dédiée à l’élevage. Selon David Faimowitz, Directeur du Centre international pour la recherche forestière, « les éleveurs transforment les forêts de l’Amazonie en viande hachée ».[5]

La croissance démographique et l’augmentation de la consommation de viande des pays émergeants – la Chine a plus que doublé sa consommation de viande en 20 ans- ne peuvent qu’aggraver pressions sur nos ressources naturelles limitées….

Cela ne veut pas dire que tous doivent mettre une croix définitive sur la viande, mais plutôt d’être conscient et ainsi d’en limiter sa consommation. Plusieurs alternatives goûteuses et très économiques existent pour varier vos repas. Vous manquez d’inspiration pour cuisiner de bons petits plats végétariens simples, peu coûteux, équilibrés et ô combien délicieux? Voici quelques suggestions :

○   Végé sur le pouce, de Marie-Claude Morin. Collection Modus Vivendi.

○    http://www.recettes-vegetariennes.com/frameset%20sommaire.htm

○   http://www.recettes.qc.ca/sections/vege.php

○   http://recettes-vegetariennes.blogspot.com/

http://www.cuisine-vegetarienne.com/

Crédit photo : Denzil – http://www.flickr.com/photos/lomoholga/


[1] http://www.vegetarisme.info/spip.php?article1592

[2] http://www.vedura.fr/economie/agriculture/impact-elevage-bovins-environnement

[3] Cyberpresse, 11 mars 2009: http://www.cyberpresse.ca/environnement/200903/11/01-835272-laver-a-leau-froide-ou-manger-moins-de-viande.php

[4] John Robbins: The Food Revolution – How your diet can help save your life and the world. Tire de: http://www.mangez-vegetarien.com/environnement.html

[5] Le Point, 22 juin 2006 : Élevages : une catastrophe écologique. Tiré de http://www.mangez-vegetarien.com/environnement.html



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