Bon vendredi! Malgré le climat de scepticisme qui règne ces jours-ci dans le dossier environnemental, n’oublions pas que la première décennie des années 2000 aura été celle du tournant vert et de l’éco-responsabilisation. Sur une note positive, je vous invite à considérer certaines tendances à surveiller dans le domaine du développement durable au sein des industries. Voici ce qu’on risque d’observer de façon marquée dans les années 2010…
1-Plus de transparence
Plusieurs palmarès de classement des entreprises selon le respect des critères de développement durable ont vu le jour, forçant les compagnies à réviser leurs modes de fonctionnement. Les technologies numériques et le web 2.0 (les médias sociaux comme les forums de discussion, Twitter et Facebook) donnent plus de pouvoir au consommateur, qui peut à la fois obtenir plus d’informations au sujet des pratiques d’une entreprise et ensuite faire pression sur ces entreprises pour qu’elles changent leurs façons de faire. Au lieu d’un monologue de l’entreprise vers le consommateur, on fait place à une conversation entre les deux entités.
À consulter, le guide Global 100, organisé par la revue canadienne Corporate Knights, qui publie une liste annuelle des 100 entreprises mondiales les mieux gérées en matière de développement durable. Cette année : General Electric ressort grande gagnante au classement mondial. Les neuf compagnies canadiennes ayant fait le classement comprennent, entre autres, la Financière Sun Life, la Banque Royale du Canada, Transcanada Corp et Telus. Consulter le classement ici.
2-Une plus grande attention portée aux émissions de GES
Dans la même veine, une plus grande sensibilisation du public et des compagnies aux émissions de GES, force les industries à faire des recherches scientifiques pour calculer efficacement et de façon précise la quantité réelle de ces émissions. Des compagnies comme Hewlett Packard, Ikea, Intel et Wal-Mart instaurent des partenariats avec des firmes scientifiques pour trouver des façons efficaces de calculer et de réduire leurs émissions. On devrait, dans la même veine, voir plus de programmes de compensation d’émissions voir le jour, avec le développement des marchés du carbone.
3-La mode est à l’économie d’énergie
Les énergies traditionnelles sont à la fois très couteuses et polluantes. De nouveaux logiciels intelligents permettent aux entreprises de réduire leur consommation d’énergie. Le système Engenuity, par exemple, permet à McDonald’s de sauver près de 13,6% de facture d’électricité en éclairage, chauffage, cuisson et refroidissement des aliments en éteignant automatiquement les fonctions inutilisées[1]. Les énergies alternatives, solaire et éolienne en tête, risquent de gagner du terrain.
4-Des emballages qui en disent long
Si on se fie à la tendance au Japon, au Royaume-Uni et en France, les emballages pourraient nous indiquer, d’ici peu de temps, l’empreinte écologique du produit que l’on s’apprête à acheter[2]. Une fiche d’informations, semblable aux informations nutritionnelles, nous indiquerait la provenance du produit, ainsi que son empreinte carbone, autrement dit, la quantité de GES que la production de l’item qu’on désire acheter a généré, avant d’atterrir dans notre panier. Ce calcul prend en compte tous les détails, de la production de l’item, à son entreposage et à son transport. De quoi clore le débat sur l’empreinte écologique des produits locaux vs importés?
Petite réserve : ça risque d’être long avant que ça arrive chez nous, les OGM n’étant même pas encore identifiés malgré les pressions…
5-Des moyens de transport de marchandises plus verts
Le transport des marchandises produit une quantité très importante de gaz à effet de serre. Certaines compagnies font leur part en s’équipant de véhicules hybrides. Prenons par exemple la compagnie UPS qui possède globalement plus de 1800 véhicules carburant aux énergies alternatives.
La tendance semble se rendre jusqu’à nous. En avril dernier, la SAQ s’est portée acquéreuse d’un tout premier modèle de camion de livraison hybride : un Kenworth T370 entièrement fabriqué au Québec. Ce nouveau camion se destine uniquement à un usage urbain sur le territoire Montréalais et permettra d’effectuer des économies en carburant de l’ordre de 25 à 30 %.
Bref
Est-ce que ces trouvailles vous donnent espoir? Quels sont, d’après vous, les changements qui seront vraiment marquants? Quelles industries seront les plus touchées? Qu’aimeriez-vous voir changer prioritairement?
N’hésitez pas à profiter de votre pouvoir en tant que consommateur, pour vous exprimer sur la cause environnementale qui vous tient à cœur. Vous avez le droit de demander aux entreprises de changer leurs façons de fonctionner. Encourageons-les un peu!
Sources :
http://www.triplepundit.com/2010/02/fou-green-trends-in-business-state-of-green-business-2010/
http://fr.wikipedia.org/wiki/Bourse_du_carbone
http://www.flickr.com/photos/jamiecat/3797956698/ : crédit photo
[1] http://www.engenuity.com/
[2] http://pakbec.blogspot.com/2008/08/japon-lempreinte-carbone-affiche-sur.html

