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Ce n’est un secret pour personne : les émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère contribuent au réchauffement climatique et les pays et leurs industries doivent rapidement trouver des solutions pour réduire leurs émissions. Les dernières avancées technologiques en matière de réduction des gaz à effet de serre vont des plus évidentes (faire la transition vers les sources d’énergies renouvelables), aux plus farfelues (stockage sous marin du CO2).
Mais dernièrement, certaines compagnies semblent avoir décidé de percevoir le méchant CO2 comme un allié plutôt que comme un ennemi à combattre. En effet, pour certaines d’entre elles, la solution tient dans la récupération et la transformation du gaz carbonique, plutôt que dans son élimination. Et les gouvernements semblent leur emboiter le pas.
Un climatiseur qui carbure au CO2
Le conseil britannique pour la recherche en ingénierie et en sciences physiques investit dans le développement de systèmes de réfrigération et de climatisation plus doux pour l’environnement. Les émissions des gaz réfrigérants utilisés par ces appareils sont très nocives et peuvent avoir un effet jusqu’à 4 000 fois plus néfaste que celles du dioxyde de carbone. En partenariat avec le conseil, des chercheurs de l’Université South Bank de Londres cherchent à développer des systèmes réfrigérants carburant justement au CO2. Comme le processus de compression et de refroidissement du CO2 dégagerait plus de chaleur qu’en utilisant les gaz réfrigérants traditionnels, les chercheurs cherchent aussi à récupérer cette chaleur pour alimenter des chauffe-eaux[1].
Le gouvernement américain investit dans des projets
Par ailleurs, la tendance semble avoir traversé l’océan. Le journal Chemical and Engineering News rapportait, le 2 août dernier, que le gouvernement américain allait investir 106 millions de dollars dans six compagnies qui développent des précédés pour utiliser le dioxyde de carbone comme matière première[2].
L’une d’entre elles, la compagnie Novomer, a développé un procédé qui permet de transformer le CO2 en polymères qui entrent dans la composition de vernis et de plastiques. La compagnie a développé un prototype de plastique conçu à 50 % de gaz carbonique récupéré d’émissions d’usines. Le gouvernement américain financera 18.4 millions de dollars pour l’élaboration d’un procédé permettant de fabriquer des bouteilles de plastique à base de CO2. Novomer va aussi travailler en partenariat avec Eastman Kodak afin de développer des polymères entrant dans la composition de pellicules photographiques, de laminés et d’emballages alimentaires[3].
Le gouvernement américain investira aussi dans les recherches de la compagnie Calera, qui développe des procédés qui permettent d’intégrer du CO2 récupéré et solidifié dans des matériaux de construction[4]. Alcoa recevra un appui financier pour le développement d’une technologie permettant de convertir le dioxyde de carbone en bicarbonates et en carbonates en utilisant une catalyse enzymatique[5].
La voie de l’avenir?
Ces développements étant tous récents, il n’y a encore aucune critique négative à leur sujet, à savoir, des risques de fuites ou autres. Mais j’ai envie de croire que si tout le monde s’y met, industries, gouvernements et citoyens, il est possible de trouver des moyens ingénieux pour lutter contre les changements climatiques. Le Canada sera- t-il le dernier à joindre les rangs?
[1] http://www.newscientist.com/article/dn19224-green-machine-aircon-that-doesnt-warm-the-planet.html
[2] http://pubs.acs.org/cen/business/88/8831busc5.html
[3] http://www.rsc.org/chemistryworld/News/2010/July/28071001.asp
[4] http://calera.com/index.php/technology/technology_vision/
[5] http://www.alcoa.com/global/en/home.asp
