Stabilisation des sols, réduction de l’érosion, renaturalisation des berges et bandes riveraines, aménagement paysager, production de biomasse, bioénergie, matériaux de construction, réduction de la pollution atmosphérique, captation de CO2, vannerie, écran visuel, haies brise-vent, murs antibruit[1]… Qui aurait cru qu’un arbuste qui pousse à une vitesse éclair pouvait répondre à tous ces besoins? Cette semaine, inspirée par la visite du superbe site de l’ONF sur la pollution sonore, mes recherches m’ont fait découvrir les bienfaits du saule arbustif. En effet, je savais que le saule est souvent utilisé comme barrière antibruit le long des autoroutes, mais j’étais loin de me douter à quel point cet arbuste semble répondre à tant de besoins, dont celui, pressant, de développer des sources d’énergies alternatives. Il me semble que le saule pourrait bien créer une petite révolution dans le paysage agricole québécois.
La culture du saule arbustif à croissance rapide au Québec
La culture du saule pour la production de biomasse est déjà pratiquée depuis une trentaine d’années en Suède[2]. C’est une espèce qui est très bien adaptée à notre climat nordique et qui n’a pas besoin d’un terreau très riche. De plus, contrairement à l’éthanol, produit avec du mais, le saule n’est pas une plante comestible. Il atteint sa maturité très rapidement (six à huit mètres en trois ans), ce qui permet de le récolter tous les trois ans.
Michel Labrecque, chef de la division de la recherche et du développement scientifique au Jardin Botanique de Montréal[3], dirige des recherches sur la culture des saules arbustifs à croissance rapide depuis près de quinze ans. À la base, les motivations gouvernementales pour le financement de telles recherches étaient surtout économiques car on souhaitait trouver des alternatives au pétrole. Les horticulteurs affectés au projet ont vite compris que les saules pouvaient répondre à plusieurs autres besoins, tels que la décontamination de sites pollués, la stabilisation de berges, la constitution de murs antibruit très efficaces et l’absorption de gaz carbonique[4].
Le saule arbustif comme carburant vert
Francis Allard, un jeune ingénieur et entrepreneur derrière Agro Énergie croit que l’avenir des municipalités passe par l’indépendance énergétique. La biomasse de saule lui semblait toute indiquée parce que le saule pousse très rapidement et qu’il est bien adapté à notre climat. De plus, Francis Allard a développé un système qui permet de réduire les saules en copeaux dès la récolte, ce qui sauve l’étape du transport à l’usine de transformation[5].
Ce qui est particulièrement intéressant dans la production d’énergie grâce à la biomasse de saule, c’est que, malgré les émissions de CO2 engendrées par la combustion des copeaux, les saules sont aussi des capteurs efficaces de gaz carbonique. L’effet de la combustion est donc annulé par l’effet d’absorption, ce qui en fait une énergie propre et renouvelable. De plus, comme les saules sont cultivés dans les municipalités, il n’y a pas beaucoup d’émissions de gaz à effet de serre liées à leur transport.
L’avenir de la biomasse de saule au Québec
Le reportage « Le saule biomasse, carburant du futur? »[6], diffusé à La Semaine Verte en mai 2009 fait mention du principal obstacle au développement de la biomasse de saule comme énergie alternative : les faibles coûts du pétrole et de l’hydroélectricité. Personnellement, j’ai espoir. D’abord, les municipalités seront de plus en plus appelées à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, et selon Francis Allard, les coûts engendrés par la conversion d’une chaudière au mazout vers une chaudière à la biomasse de saule sont absorbés en deux ans. De plus, je vois la catastrophe pétrolière de BP dans le golfe du Mexique comme une occasion de remettre en question notre utilisation collective de pétrole . Après tout, le mazout, encore largement utilisé au Québec, est un dérivé du pétrole. Et comme le dit si bien le journaliste Jean-François Lisée sur son blogue, économiquement parlant, le Québec aurait intérêt à se libérer de sa dépendance au pétrole.
Quand allons-nous réaliser que nous avons des solutions vertes à portée de main?
Saulesquebec.com pour profiter des saules chez soi
Le saule arbustif, particulièrement reconnu pour sa croissance rapide (2 à 3 mètres en une seule saison) et sa résistance aux insectes et aux maladies, est une excellente alternative à la haie de cèdre qui prendra plusieurs années à atteindre une telle hauteur. De plus, construire une haie de saules est beaucoup moins dispendieux et ne demande pas d’entretien particulier.
Si vous souhaitez vous procurer des boutures de saules arbustifs sans en acheter une très grande quantité, la compagnie Saules Québec (www.saulesquebec.com) offre le service de vente de saules aux particuliers. Ce site vous permet de commander les boutures en ligne et offre un service de livraison qui vous permet de les recevoir chez vous quelques jours plus tard. Le site Saules Québec est très bien conçu, avec une section sur les différentes espèces de saules selon vos besoins, ainsi qu’un guide pour aider à la plantation des boutures.
Je me répète, mais qu’à cela ne tienne : vive le pouvoir vert!
Crédit photo : saulesquebec.com
[1] http://www.saulesquebec.com/bienfaits.php
[2] http://www.ledevoir.com/economie/emploi/179231/biomasse-on-peut-rever-d-une-region-presque-entierement-autonome-sur-le-plan-energetique
[3] http://www.irbv.umontreal.ca/labrecque.htm
[4] http://www.radio-canada.ca/actualite/semaine_verte/reportage.aspx?idDocument=78073&idItemMenu=27
[5] http://www.ledevoir.com/economie/emploi/179231/biomasse-on-peut-rever-d-une-region-presque-entierement-autonome-sur-le-plan-energetique
[6] http://www.radio-canada.ca/actualite/semaine_verte/reportage.aspx?idDocument=78073&idItemMenu=27
