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Posts Tagged ‘tendance durable’

Découvrez votre pastille verte

Mardi, mars 9th, 2010

Les marketers vous ont à l’œil. Eh oui. Ils analysent vos moindres achats, vos motivations, votre mode de vie… je ne vous apprends rien. Et c’est tant mieux : nous vivons à une époque où le consommateur a plus de pouvoir que jamais. En effet, en parallèle avec la révolution verte se trame la révolution du 2.0 où enfin, le consommateur force l’industrie à l’écouter et à s’adapter à ses besoins. Ceux qui n’écoutent pas sont condamnés à perdre la course.

Chaque fois que vous achetez un produit ou un service, vous donnez votre accord à l’existence même de ce produit. Vous avez de plus en plus d’alternatives, vous avez accès à un nombre illimité d’informations grâce à Internet, vous pouvez donner votre avis sur un produit sur des forums de discussion. Avoir le pouvoir de consommer, c’est avoir le pouvoir de changer les choses, même sans être un activiste. Et les consommateurs sont de plus en plus nombreux à exiger que les produits qu’ils consomment soient éthiques, selon différents critères (biologiques, biodégradables, équitables, etc.).

Le mouvement vert n’est plus « underground », il est devenu une tendance durable et les marketers l’ont bien compris. D’où la naissance d’une discipline beaucoup moins marginale qu’avant : le marketing vert. Je vous invite à découvrir où vous vous situez dans le spectre vert selon ces spécialistes.

Qui sont les consommateurs verts?

Voici des faits généraux dégagés par le guide Business and Sustainable Development[1] sur les consommateurs qui se disent verts (étude nord-américaine publiée cette année) :

-Ils ont des intentions sincères, et ont la motivation de se dévouer de plus en plus à un mode de vie responsable.

-Ils considèrent presque toujours qu’ils pourraient en faire plus pour l’environnement.

-Ils ne s’attendent pas des compagnies qu’elles soient parfaites, mais ils sont favorables aux entreprises qui instaurent des plans de développement durable et cherchent à trouver des moyens tangibles pour s’améliorer. (La transparence est de mise!)

Par contre :

-Ils ont tendance à surestimer les efforts qu’ils font, spécialement à surestimer la quantité de produits verts qu’ils utilisent.

-Ils ne sont pas prêts à faire des sacrifices majeurs pour l’environnement et ils ont tendance à être paresseux dans leurs changements.

-Ils ne sont pas très informés en matière d’environnement et ils ne font pas confiance à leurs connaissances pour juger des études scientifiques environnementales. Par contre, ils ont envie d’en savoir plus sur le sujet. Les compagnies devraient donc tenter de jouer un rôle éducatif.

La différence entre les Américains et les Canadiens

Semblerait-il que nos « vieux » soient plus conscientisés que ceux de nos voisins par rapport à la consommation responsable. Alors que chez les Américains, les enfants et les adolescents sont plus conscientisés que leurs parents et les influencent donc à mieux consommer, les Canadiens de tous âges semblent préoccupés par la consommation responsable.

Et au Québec?

Selon un sondage CROP publié dans Le Devoir en octobre dernier, au Québec, la population serait divisée en trois parties presque égales[2] :

-Les vert foncé, les purs et durs, ceux qui font des efforts conscients (33%) ;

-Les vert pâle, les mous, ceux qui choisissent l’option verte si elle est facilement accessible et pas plus dispendieuse (35%) ;

-Les bruns, les insensibles, ceux qui s’en foutent et qui ne changeront pas leurs habitudes (32%). Ils ont d’ailleurs tendance à adopter une attitude réfractaire par rapport au discours environnementaliste.

Les motivations

Une étude américaine publiée sur le blogue du Harvard Business Review[3] pousse la recherche plus loin et divise les consommateurs verts selon ce qui les motive à consommer de façon responsable. Selon cette étude, les verts foncés et les verts pâles seraient divisibles en quatre grandes familles. (traduction très libre) :

-Les anti-gaspillages : ils détestent le gaspillage, recyclent, compostent et cherchent toujours le meilleur moyen d’éviter le suremballage. Ils utilisent des sacs et des gourdes réutilisables. Ils ont tendance à surveiller leur consommation d’énergie, à installer des minuteries et à utiliser des ampoules éco-énergétiques.

-Les fanatiques santé : ils s’en font avec les résidus trouvés dans leur alimentation. Ils ont tendance à consommer des aliments biologiques, ils vérifient les composés toxiques des cosmétiques et des jouets, ils ne laissent jamais sortir leurs enfants sans écran solaire à protection totale, etc.

-Les amoureux des animaux : ils ont tendance à être végétariens ou végétaliens, ne portent pas de fourrure, boycottent la consommation du thon, appuient des organismes comme PETA. Ils recherchent les produits certifiés « sans cruauté » et « non-testés sur les animaux ».

-Les enthousiastes de la nature : ils ont un mode de vie actif, ils apprécient le camping, les randonnées en montagne… Ils font attention à la trace qu’ils laissent en forêt, donc, à ramasser les déchets, à utiliser des savons biodégradables et à transporter des contenants réutilisables. Ils recherchent les étiquettes « produit local » et ils ont tendance à acheter des vêtements d’extérieur éthiques, faits de matériaux recyclés.

Quelle est votre pastille verte?

Pour copier sans scrupule le concept d’une institution bien de chez nous, découvrez et partagez avec nous votre pastille verte… Êtes-vous un anti-gaspillage vert pâle? Ou un fanatique santé vert foncé? Un brun (gasp)? Un joyeux hybride?

Crédit photo : annnie/Flickr


[1] http://www.bsdglobal.com/markets/green_who.asp

[2] http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/272512/sondage-crop-le-cote-ecolo-des-quebecois-se-confirme

[3] http://blogs.hbr.org/cs/2010/02/a_smart_way_to_segment_green_c.html


Pratiquez-vous l’éco-culpabilisation?

Mercredi, février 17th, 2010

Un billet d’humeur de François Cardinal paru récemment sur La mère blogue[1] m’a fait réfléchir. M. Cardinal gagne sa vie comme chroniqueur en environnement et il applique son savoir à toutes les sphères de sa vie, spécialement à l’éducation de ses enfants. Pourtant, il avoue ne pas être un fan des livres pour enfants à saveur environnementale. Il trouve que leur discours a quelque chose de religieux, de moralisateur. Comme si on tentait d’endoctriner nos enfants plutôt que de les aider à développer un esprit critique par rapport à la question environnementale. Il semble même penser que le discours alarmiste que nous leur tenons sur la dégradation de notre planète les lassera au point où ils voudront le rejeter du revers de la main plus tard.

Même si je trouve le point de vue de François Cardinal intéressant, je ne suis pas certaine de le partager. Je ne suis pas encore une mère, mais je pense que même si je trouve que le discours des environnementalistes sonne parfois moralisateur, nous  sommes rendus à un point où nous devons agir. Les nouvelles générations devront malheureusement trouver des moyens pour régler les problèmes que nous leurs léguons et nous devons les conscientiser le plus tôt possible. La façon la plus efficace d’éduquer nos enfants reste de donner le bon exemple (je pense à ma mère qui m’a inculqué les valeurs de respect de la planète par ses comportements), mais nous sommes dans une situation critique et nous devons changer les choses rapidement. Pouvons-nous vraiment comparer un discours religieux et contrôlant à un discours de sensibilisation à l’environnement, alors que notre survie collective en dépend?

Il n’en demeure pas moins que tous ceux qui ont l’écologie à cœur se sont sentis moralisateurs à un moment ou a un autre. Moi-même, je jette un regard culpabilisant à mon colocataire quand il revient du dépanneur avec UNE pinte de lait dans un sac de plastique. Ça m’exaspère de voir ses boites de conserve dans la poubelle, simplement parce que ça demande un effort de les rincer avant de les mettre au bac ou de constater qu’il a encore acheté du papier de toilette trois épaisseurs non fait de papier recyclé pour plus de confort. Sans être vraiment problématique, la situation peut parfois être délicate. Et nous sommes simplement colocataires, pas un couple.

Un article paru dans le New York Times il y a un mois[2] rapportait que les psychologues ont noté de façon généralisée une hausse des conflits de couples par rapport à la question environnementale. Ces conflits surgissent surtout lorsqu’un des membres du couple décide d’imposer des changements de consommation au sein de la maison alors que les autres membres de la famille n’y sont pas prêts. La personne qui change a souvent tendance à culpabiliser  les personnes qui sont réfractaires.

Alors que cette situation peut être invivable pour certains couples et faire sourire ceux qui ont la chance d’être au diapason face à la question de l’environnement, je ne peux que me réjouir. Je pense que quand un problème devient si répandu que les médias de masse et les psychologues en parlent de façon généralisée, nous pouvons considérer que la préoccupation par rapport à l’environnement n’est plus une tendance passagère, mais bien une tendance lourde. Nous n’en sommes pas tous au même point et nous adoptons de nouvelles pratiques de consommation chacun à notre rythme. Les changements durables ne s’effectuent pas rapidement et sans heurts. Et ce qui pouvait sembler marginal autrefois semble maintenant pratique courante, comme le recyclage, par exemple.

Alors, quelle est la solution? Comment communiquer le message et tenter d’arriver à un compromis? J’essaie de passer mes commentaires à mon coloc en douce, en souriant. Rien de pire qu’une moralisatrice pour donner envie de faire le contraire, c’est vrai. Des fois, je rince les pots sales qu’il a mis au bac sans rien dire. Et depuis les deux années vécues ensemble, je vois un changement graduel s’opérer. Patience et tolérance. J’aimerais quand même que les lois soient plus sévères. Je rêve d’un monde où le seul papier de toilette disponible serait fait de papier recyclé! Peut-être suis-je un peu radicale?

Qu’en pensez-vous? Comment conscientiser les autres sans les attaquer? Pratiquez-vous l’éco-culpabilisation? D’après vous, quelles sont les sources de conflits les plus courantes par rapport à l’environnement?

Crédit photo : http://www.flickr.com/photos/a2gemma/


[1] http://bloguesmu.cyberpresse.ca/mere/2010/02/05/un-pere-blogue-environnement/

[2] http://www.nytimes.com/2010/01/18/science/earth/18family.html



Biodiversité
Cadeaux durables
Changements climatiques
Conscience sociale
Constructions durables
Entendu entre les branches
Environnement
Faites-le vous-même!
Prix verts
Revue de Presse climat – Un tour du monde complet sans émission de CO2
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